Conflit étudiant : une enquête publique est réclamée

Pieuvre.ca

Le député de Québec Solidaire Amir Khadir a déposé jeudi une pétition à l’Assemblée nationale dans le but de réclamer une enquête publique sur les interventions policières depuis le début du conflit étudiant. L’initiative, qui a permis de rassembler plus de 11 000 signatures, représente l’aboutissement d’efforts menés par la Ligue des droits et libertés qui s’oppose vertement à l’approche adoptée par les services de police dans le dossier de la grève étudiante.

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Au dire de l’organisme à caractère social, ce sont ainsi 11 207 personnes qui ont répondu à l’appel lancé en ligne. Dans son message en faveur d’une enquête public, la Ligue des droits et libertés parle d’arrestations massives et préventives, de pratiques de profilage politique, de brutalité policière, de l’emploi régulier de poivre de cayenne, de gaz irritants et de balles de plastique ayant causé des blessures, ainsi que de conditions de détention inacceptables et conditions de libération abusives.

Selon l’organisme, l’enquête réclamée doit faire la lumière sur l’ensemble des stratégies d’intervention et sur les violations de droit commises. « Il faut aussi identifier le rôle et la responsabilité des dirigeants politiques et policiers dans la planification et la coordination des différentes stratégies d’intervention », indique Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés, « et assurer aux victimes de violations de droits une réparation adéquate ».

« Le gouvernement ne peut se fermer les yeux sur les abus des forces policières dont la population du Québec a régulièrement été témoin depuis le début du conflit étudiant, lequel s’est rapidement transformé en crise sociale majeure », plaide la Ligue par voie de communiqué.

« Nous continuons de recevoir des témoignages troublants de victimes d’actes de répression et d’atteintes aux droits et libertés. Les recours sont souvent difficiles à mettre en œuvre, notamment lorsqu’il est impossible d’identifier les policiers en cause. De plus, ces personnes sont souvent laissées à elles-mêmes et en ce sens, une enquête publique indépendante permettrait à tout le moins à ces personnes de connaître un début de réparation. L’absence d’un mécanisme d’enquête indépendant qui aurait le pouvoir d’initier de telles enquêtes comme il en existe actuellement en Ontario se fait cruellement sentir dans les circonstances », a pour sa part déclaré Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés.

Plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées dans le cadre de diverses manifestations organisées au Québec dans le cadre des protestations contre la hausse des droits de scolarité ou contre la loi 78, qui impose certaines restrictions quant à la tenue de manifestations.

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