Les Velvet Underground revisités avec brio

Hugo Prévost

Le titre de l’album est matraqué, projeté, expulsé en vibrant lettrage blanc sur fond noir : This is a Velvet Underground That I’d Like to Sing. Pas de chichis, pas de détour ronflant, pas de jeu de mots douteux. L’artiste français Rodolphe Burger a plutôt choisi d’y aller franchement. Après tout, quoi de mieux pour un album hommage que la simple et pure honnêteté? De toute façon, pas moyen de résumer ou de paraphraser le Velvet Underground. Les Velvet, ce sont les Velvet, voilà tout. Et Rodolphe Burger l’a bien compris.

Ce disque est toutefois plus qu’un hommage; c’est une machine à remonter dans le temps jusqu’à la fin des années 1960 et au début des années 1970, alors que la mythique formation détruisait les conventions musicales avec une facilité et une rapidité déconcertante.

Rodolphe Burger, donc, fondateur du groupe Dernière Bande qui deviendra ensuite Kat Onoma, s’entoure de six musiciens pour mener à bien ce « petit » projet personnel; résumer 40 ans d’influences musicales et d’explorations en 12 pistes. Ou plutôt 11 et une très courte introduction. Et il y réussit, le bougre! Les guitares électriques se mettent de la partie, la distorsion est parfaitement mesurée, les rythmes sont entraînants, et on imagine sans peine cette période d’imagination créative qui a caractérisé l’existence des Velvet Underground, particulièrement l’influence d’Andy Warhol.

On devine par ailleurs sans peine l’influence musicale qui découlera du travail de titan accompli par les Velvet : le rock alternatif, mais aussi le New Wave et le punk. Avec son disque hommage, Burger donne d’ailleurs dans un son se rapprochant sans surprise de celui des Dandy Warhols (les Dandys de la belle époque, doit-on préciser), un autre groupe à avoir repris les fondations de l’alternatif déposées par les Velvet Underground en un clin d’oeil au groupe, mais aussi à leur producteur excentrique.

Au fur et à mesure de ce disque hommage, donc, on revisite des pièces qui brassent la cage (Waiting For My Man, Rock’n'Roll, etc.), mais aussi des balades (Sunday Morning, pour ne nommer qu’elle) aux accents particulièrement tripatifs.

This is a Velvet Underground Song That I’d Like to Sing est un hommage, mais aussi un cadeau. Hommage parce que les Velvet Underground méritent qu’on souligne leur carrière éclatante (et trop courte), mais cadeau, également, parce que la maîtrise musicale de Burger à la guitare comme au chant donne l’impression de découvrir un tout nouveau groupe, un tout nouveau filon musical.

Ce disque en est un d’espoir et d’optimisme, 12 pistes de folie à la sauce rock’n'roll, une heure de pure joie musicale que l’on aimerait se brancher directement dans les veines. Pas simplement pour Burger, pour les Velvet, ou encore Warhol lui-même, mais plutôt parce ces génies déjantés sont ici immortalisés de fort belle manière, histoire de communiquer un peu mieux avec l’univers.

Dans la catégorie: Culturel

Mots-clef: , , , , , , , , , , , , , , , ,

Commentaires (1)

Trackbacks | Fil RSS des commentaires

  1. fyc dit :

    merci à fip pour la transfusion ; très beau concert :)

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.