Une politique nationale pour sauver l’automobile
Hugo Prévost
Il est temps de développer une stratégie politique et économique nationale pour protéger et veiller au développement du secteur de l’automobile, estime le syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA). Le regroupement a d’ailleurs rencontré mardi des représentants des trois principaux partis politiques de la scène fédérale pour les exhorter d’agir en ce sens. Néo-démocrates, libéraux et conservateurs auraient d’ailleurs admis qu’une politique nationale est nécessaire pour ce secteur important de l’économie canadienne, affirment les TCA.
La délégation des TCA a ainsi rencontré Thomas Mulcair, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), parti de l’opposition officielle, la porte-parole du NPD en matière de finances, Peggy Nash, le porte-parole du NPD en matière de commerce international, Don Davies, le chef du Parti libéral, Bob Rae, le porte-parole libéral en matière d’industrie, Frank Valeri, et les députés fédéraux du caucus conservateur sur l’automobile présidé par le député fédéral Ben Lobb.
« Nous avons besoin d’établir un cadre stratégique clair pour faire en sorte que la prochaine génération d’investissements favorise la production et préserve les emplois des Canadiens », a déclaré le président des TCA, Ken Lewenza, à la suite des réunions.
Les réunions de pression étaient axées sur la campagne des TCA « Re-think the Economy, Re-think Canada’s Auto Industry » (repenser l’économie, repenser le secteur de l’automobile au Canada), lancée le 16 avril dernier. Les propositions de politique soumises dans le cadre de la campagne comprennent l’élaboration d’une politique d’investissement transparente et cohérente dans le secteur de l’automobile, la création d’une industrie verte, la négociation d’engagements concernant la présence manufacturière au Canada, en plus d’un certain nombre d’autres mesures.
Dans un document publié en ligne sur le site Internet du regroupement syndical, les TCA rappellent que 112 000 emplois sont directement reliés à l’industrie automobile au Canada. « Tous les jours en 2011, mentionne-t-on, les travailleurs canadiens de l’automobile ont produit pour 189 millions $ de biens et payé 5,7 millions $ en impôts et taxes diverses. »
Parmi les différentes mesures proposées, les TCA suggèrent directement qu’Ottawa intervienne pour diminuer la valeur du dollar canadien, possiblement en dévaluant la monnaie afin d’augmenter la compétitivité du secteur manufacturier, et plus précisément de l’industrie automobile. Cette dernière a été sérieusement mise à mal par la crise économique, mais également par la hausse de la valeur du huard par rapport à la devise américaine. Les TCA ne mentionnent toutefois pas si cette passe difficile est attribuable au désormais célèbre et controversé « syndrome hollandais », mais il est clair que les conditions économiques actuelles ne sont pas favorables au secteur canadien de l’automobile.
Les TCA proposent d’ailleurs de mettre sur pied une stratégie d’achat de véhicules canadiens – soit des véhicules fabriqués au pays, plutôt que d’importer des voitures produites ailleurs.
« En 1999, le Canada avait un surplus de 15 milliards $ dans le secteur automobile. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’un déficit de 16 milliards $. Ce renversement de la tendance des échanges commerciaux explique la perte de 46 000 emplois, quasiment tous les emplois perdus (dans l’industrie) au cours de la dernière décennie. »
Dans la catégorie: À la une • Politique et Économie
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