La relation des Québécois avec l’alcool s’améliore lentement
Pieuvre.ca
La société Éduc’alcool avait de bonnes nouvelles à annoncer, mercredi, dans le cadre de la publication d’une nouvelle étude sur la relation qu’entretiennent les Québécois avec l’alcool. Éduc’alcool qualifie d’ailleurs cette relation de « saine », en précisant que le modèle de consommation se stabilise depuis dix ans et les problèmes d’alcool semblent en légère baisse, suivant en cela la réduction de la consommation observée récemment. La consommation excessive serait toutefois tolérée dans une certaine mesure, alors que d’autres personnes ont des craintes « injustifiées » par rapport à la consommation régulière et ses effets sur la santé.
Au dire de l’organisme, cependant, une minorité consomme encore de manière abusive, voire dangereuse. Le niveau des connaissances serait aussi en baisse dans certains domaines, et six pour cent des conducteurs reconnaissent avoir conduit avec des taux d’alcoolémie supérieurs à la limite légale. Cela s’explique sans aucun doute par le fait qu’ils risquent très peu de se faire intercepter par un barrage routier : les deux tiers des conducteurs n’en ont même pas aperçu un seul au cours de la dernière année, précise Éduc’alcool.
« Ce qui frappe le plus dans les résultats de l’enquête de 2012 sur les Québécois et l’alcool, c’est la stabilité des réponses. La consolidation des attitudes et des opinons est telle que, souvent, les résultats sont semblables à ceux de 2002 et de 2007, ou ils se situent à l’intérieur de la marge d’erreur, notamment sur les plans de l’acceptabilité sociale de l’alcool, des circonstances de consommation et même des opinions et attitudes de nos concitoyens en ce qui concerne l’alcool. Les croyances évoluent lentement », a observé le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.
L’enquête effectuée par CROP révèle aussi que les Québécois ont, dans l’ensemble, fort bien intégré la consommation d’alcool dans leur quotidien, qu’un certain modèle de consommation d’alcool fait désormais sereinement partie de leur mode de vie et qu’ils sont de plus en plus sensibilisés aux divers aspects de leur consommation. « En outre, ils sont fort intéressés à en apprendre davantage sur l’alcool, notamment sur les niveaux de consommation à faible risque et, surtout, ils nous confortent dans nos affirmations relativement à la lutte contre la conduite avec les facultés affaiblies », ajouté M. Sacy.
L’enquête a fait ressortir une relation parfois contradictoire des Québécois avec l’alcool et certains préjugés sans doute hérités des croyances du passé, affirme Éduc’alcool par voie de communiqué. Ainsi, on observe une certaine tolérance envers la consommation excessive lorsqu’elle est occasionnelle, même pour les femmes enceintes, et l’on reconnaît volontiers que l’on a dépassé les seuils de consommation recommandés au moins une fois par mois.
Par contre, la désapprobation s’installe dès qu’il est question de consommation régulière, même si elle se situe à l’intérieur des limites de consommation à faible risque. De fait, une femme qui boirait deux verres par jour, cinq jours par semaine et un homme qui en boirait trois sur cinq ou six jours sont considérés comme des alcooliques en puissance par sept Québécois sur 10. Et même lorsque leur consommation est ramenée à un verre par jour cinq ou six jours par semaine, près de la moitié des Québécois évoque encore l’alcoolisme, révèle le coup de sonde.
« Il y a là un défi considérable pour Éduc’alcool pour rééquilibrer le rapport quantité-fréquence dans la consommation d’alcool. Il nous faudra dédramatiser la consommation régulière – pourvu qu’elle se situe dans les paramètres à faible risque – et mettre en garde contre la consommation excessive, même occasionnelle. Nous sommes conscients que nous devrons affronter des préjugés solidement enracinés, mais c’est là le lot de tout organisme d’éducation », a déclaré Hubert Sacy.
Enfin, Éduc’alcool reprend ses critiques envers la loi sur l’alcool au volant, une disposition législative qui n’est pas appliquée, selon l’organisme. Ce laxisme de la part des policiers permettrait à de nombreux conducteurs de prendre la route en état d’ébriété sans être inquiété. En fait, les deux tiers des six pour cent de conducteurs ayant admis conduire avec quelques verres dans le nez ont dit le faire parce qu’ils ne craignaient pas d’être arrêtés.
« Nous continuerons donc à revendiquer la mise en œuvre de cette mesure essentielle comme préalable à toute discussion sur le sujet de l’alcool au volant », a affirmé Hubert Sacy.
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