Il faut éliminer la prostitution, tranche le Conseil du statut de la femme

Pieuvre.ca

Le Conseil du statut de la femme (CSF) a effectué jeudi une virulente sortie contre la prostitution, déclarant par la voix de sa présidente, Julie Miville-Dechêne, qu’il était nécessaire de faire disparaître le plus vieux métier du monde, considéré comme « une forme d’exploitation sexuelle inacceptable » au Québec. L’organisme recommande ainsi au gouvernement de freiner la demande pour des services sexuels en organisant une vaste campagne de sensibilisation.

S’exprimant par voie de communiqué, le CSF recommande que le Québec suive l’exemple de la Suède, de la Norvège et de l’Islande, où la criminalisation de l’achat de services sexuels, combinée à des campagnes pour changer les mentalités et à des services spécialisés pour aider les femmes à quitter le milieu de la prostitution, ont porté fruit. En Suède notamment, précise-t-on, la prostitution de rue a diminué de moitié.

Inversement, dans tous les pays où la prostitution a été légalisée, que ce soit l’Australie, les Pays-Bas, ou l’Allemagne, la traite humaine et le nombre de prostituées ont augmenté, plaide-t-on. « Un marché clandestin s’est développé dans ces pays, car les éléments criminels qui contrôlent le commerce de la prostitution ne veulent pas payer d’impôts et faire face à des contrôles sanitaire », mentionne le CSF.

« La prostitution est un enjeu complexe et difficile. Nous reconnaissons d’emblée que certaines femmes peuvent tirer profit de ce commerce lucratif », explique Julie Miville-Dechêne. Néanmoins, soutient le Conseil, tous les faits démontrent qu’une grande majorité des femmes se retrouvent dans des situations de violence qu’elles n’ont pas choisies, et dont elles peuvent difficilement se libérer sans aide extérieure. « Les jugements ontariens l’ont confirmé : celles qui se sont baptisées « les travailleuses du sexe » admettent qu’elles ne parlent qu’au nom de cinq à 20 pour cent des personnes prostituées », affirme l’organisme.

« Il est essentiel donc de se préoccuper de toutes les autres, celles pour qui cette idée de choix ou de consentement est un leurre », ajoute Mme Miville-Dechêne.

Le Conseil demande au Québec de faire pression sur le gouvernement fédéral pour décriminaliser les personnes victimes de la prostitution, mais continuer à punir les clients et les proxénètes. Au plan social, il réclame des services spécialisés pour aider les personnes prostituées et les victimes de la traite à quitter ce milieu. « Des mesures de prévention sont nécessaires pour empêcher les jeunes filles de tomber entre les griffes de proxénètes. Nous croyons qu’il faut avant tout changer les mentalités, arrêter de banaliser la prostitution, et cesser de croire que c’est une fatalité », conclut la présidente du Conseil.

Cette prise de position du CSF a suscité l’approbation de la députée péquiste Monique Richard, porte-parole en matière de condition féminine. « Il est indispensable pour une société comme la nôtre, qui s’est battue pour l’égalité entre les hommes et les femmes, d’entreprendre une réflexion pour mettre un terme à l’exploitation sexuelle », a-t-elle déclaré.

« À l’instar du Conseil, nous croyons qu’il faut travailler en amont par l’éducation, la prévention et la sensibilisation et surtout il faut déployer des ressources spécifiques suffisantes afin d’aider les personnes à sortir de la prostitution », a souligné la députée de Marguerite‑D’Youville.

Dans la catégorie: Société

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Commentaires (5)

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  1. Maryam dit :

    C’est bien beau de vouloir arrêter la prostitution, après il faut que le gouvernement organise des formations  »gratuites » pour ces filles-là, ou d’autres possibilités et dans d’autres domaines, pour qu’elles puissent s’en sortir…

  2. Amélie Jolie dit :

    Le conseils du status de la femme ne représente pas toute les femmes et ne représente pas les travailleuses du sexe et leur clients. Ça répond plus à leur besoin à elle… qu’au notre. Il y a un monde entre ce qu’on dit de nous et ce qui se passe réellement dans notre travail. Les agresseurs oui on les veux en prison. Nous aussi on le souhaite, mais pas nos clients. … SVP faites la différence entre client et agresseur, entre travail et exploitation, entre employeur et exploiteur-esclavage. Nous on est capable de faire cette différence et on aimeraient bien que le CFS soi aussi capable de faire cette différence.

    Merci d’avance Amélie Jolie Courtisane depuis 6 ans.
    et merci de ne pas faire d’ingérence dans nos vies, si on a choisi ce métier parmi des millions d’autre métier, svp accepter qu’on puise avoir faire des choix différent des vôtre.

  3. Amélie Jolie dit :

    Bon ok faut comprendre aussi que les subventions des abolitionnistes proviennent du gouvernement conservateur. Le gouvernement refuse de nous décriminaliser et de nous accorder des droits. Donc on est laissé à nous même et on doit se protéger sans l’aide de se gouvernement. … On nous accuse d’être des criminels alors que c’est ce gouvernement qui en a décidé ainsi et qui refuse de nous reconnaitre et fait trainer en longueur toute décision qui pourrait faire en sorte qu’on travail avec du soutien et du support de notre gouvernement. — Mais bon à voir ce qu’il fait dans d’autre domaine, je suis pas trop sûre que je voudrais réellement de sont aide. La police je la voudrais bien de mon côté. Mais quand on voit qu’elle sert plus à donner des contraventions et à frapper sur des manifestant. Je sais plus trop si je veux vraiment l’aide de la police. M’enfin trêve de sarcasme.

    Est ce qu’on peu reparler du dossier immigration des danseuses exotiques que Marie-Claude Montpetit avait mentionné? Est ce que le gouvernement ne nous cache pas quelque chose. Est ce qu’il est lui même impliqué dans des réseau under ground?

    …. Je le répète… ne mélanger pas client avec agresseur… ne mélanger pas employeur avec exploiteur… aussi. ne mélanger pas les mineures avec les adultes. ne mélanger pas exploitation sexuelle … avec travail . SVP ayez l’intelligence de faire la différence.

    Amélie Jolie

  4. B. Toussaint dit :

    Bravo au conseil du statut de la femme… je suis totalement en accord avec vous. Il faudrait aussi penser qu’il y a d’autres victimes à aider. En effet, les femmes de ces hommes qui les trompent sont des victimes dans le sens qu’on met leurs santés et même leurs vies en danger,si on pense aux maladies transmises sexuellement comme le sida. Ces femmes, par l’intermédiaire de leur conjoint, couchent aussi avec des prostituées. Il m’apparaît raisonnable qu’elles soient informées de la situation dans laquelle elles se trouvent pour prendre une décision éclairée en conséquence,avant qu’il soit trop tard.

  5. Marie-Claude Montpetit dit :

    Chère «Amélie Jolie»,

    Vous nous plaidez qu’un certain nombre de femmes auraient sciemment choisi de se prostituer, et pour donner à ce `métier`une certaine noblesse, vous signez vos messages es qualité de courtisanne. Et en foi de ce qui précède, vous réclamez le droit à une protection pour ces `exercantes ` volontaires.

    Mais ma pauvre Émilie, c’est là toute la vilénie du lobby sexuel, soit de faire croire que certaines seraient consentantes. Vous, moi et toutes et tous savons pertinemment que cela est faux. Des femmes sont assurément nécessiteuses mais certes pas consentante.

    Ceci dit en toute cordialité, je vous transmets mes meilleures salutations. Je vous souhaite de réaliser que vous valez au-delà de ce que l’on pourrait vous faire croire.

    Marie-Claude Montpetit

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