Un vol spatial historique prend fin dans le Pacifique
Hugo Prévost
L’engin spatial privé Dragon aura finalement retrouvé le plancher des vaches, jeudi, après avoir passé environ 10 jours dans l’espace, incluant une mission de ravitaillement destinée à la Station spatiale internationale. Lancé après un report en raison de problèmes techniques, la capsule spatiale développée par SpaceX devient ainsi le premier engin commercial à effectuer un vol de ravitaillement en orbite basse, ce qui laisse présager du développement rapide d’une vision lucrative des vols spatiaux, y compris, à terme, l’envoi régulier de touristes vers des hôtels orbitaux.
Pour l’instant, toutefois, l’heure est aux célébrations pour les gens de SpaceX, mais également pour l’agence spatiale américaine, la NASA, qui misait elle aussi gros sur ce vol d’essai. Ne disposant plus de navettes spatiales pour transporter des astronautes vers la station spatiale et devant réquisitionner les services de capsules russes Soyouz à 60 millions $ US le siège, la NASA pourra, à compter de 2015, utiliser les service de l’engin Dragon, configurable pour transporter du fret ou cinq passagers, réduisant des deux tiers le prix pour envoyer un homme dans l’espace.
Lors de son vol d’essai, Dragon a non seulement transporté environ une tonne de vivres et de pièces détachées destinées à l’équipage de la station spatiale, mais également effectué quantité de tests et de vérifications en vue de futures missions. La capsule a été captée par le bras canadien, installé sur la station, une première pour le programme spatial canadien. Dragon, un engin réutilisable, a finalement amerri dans l’océan Pacifique, jeudi matin, heure de Montréal, après sa rentrée dans l’atmosphère.
Les félicitations et les messages d’encouragement ont afflué de dizaines de responsables scientifiques, mais également de chefs d’entreprises spécialisées en aérospatiale. Si le Dr John Holdren, conseiller du président américain Barack Obama en matière de science et de technologie, a parlé d’« une étape majeure dans la vision du président Obama en matière de poursuite du leadership des États-Unis dans l’espace », l’astronaute Buzz Aldrin, deuxième homme à marcher sur la Lune, a pour sa part parlé de « victoire »: « Près de 43 ans après que nous ayons marché pour la première fois sur la Lune, nous avons franchi une nouvelle étape pour démontrer que les États-Unis continuent d’être des pionniers dans l’espace. »
Du côté des compagnies intéressées de près ou de loin à l’exploration spatiale, on retrouve entre autres des messages encourageants de Richard Branson, du groupe Virgin (y compris Virgin Galactic, la compagnie de vols spatiaux suborbitaux à saveur touristique), et de Wes Bush, PDG de Northrop Grumman, un important développeur de systèmes et d’engins dans le domaine de l’aérospatiale. « Ce vol représente de nouvelles opportunités d’affaires pour plusieurs compagnies, et la poursuite de la volonté américaine de repousser de nouvelles frontières », a-t-il déclaré.
Les initiatives de compagnies privées se sont d’ailleurs multipliées au cours des récentes années, entre autres avec l’annonce de Planetary Resources, il y a quelques semaines, selon laquelle il serait envisageable d’aller récupérer les minerais se trouvant dans les astéroïdes en orbite de la Terre ou dans la ceinture d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter.
Une autre entreprise, Mars One, voit grand en prévoyant de contribuer à la construction d’une base permanente sur Mars en 2023, avec de nouveaux astronautes venant s’y joindre à chaque nouvelle période de deux ans après cette date. L’entreprise dit déjà avoir approché des fournisseurs pour de nombreuses étapes du projet.
Après le retour sur Terre de Dragon, SpaceX a publié une vidéo de l’engin flottant à la surface du Pacifique :
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