États-Unis – Et maintenant, la course à la vice-présidente

François Dominic Laramée

Ce n’était plus qu’une formalité, puisque tous ses adversaires avaient «suspendu» leurs campagnes au cours des dernières semaines, mais depuis hier soir l’ex-gouverneur Mitt Romney est officiellement assuré de l’investiture républicaine dans la course à la présidence des États-Unis. Sa victoire lors de l’élection primaire du Texas, où il a remporté 69 pour cent des votes (le reste étant partagé entre les candidats retirés), lui a permis d’atteindre la majorité absolue des délégués à la convention nationale républicaine d’août prochain. La question qui se pose maintenant : qui Romney choisira-t-il comme colistier?

En 2008, les Républicains ont appris à leurs dépens qu’un choix vice-présidentiel mal avisé pouvait sérieusement affaiblir une campagne. En effet, après une courte période d’effervescence dans les milieux conservateurs, le choix de Sarah Palin a tourné au fiasco: mauvaise préparation pour des entrevues télévisées, performance discutable lors d’un débat contre le candidat démocrate Joe Biden, et imitations assassines à l’émission Saturday Night Live ont donné à Palin l’image d’une potiche dépassée par les événements – et mis en doute le jugement de John McCain, qui l’avait choisie à la va-vite pour tenter de sauver une campagne vacillante. D’autant plus que le rôle principal d’un vice-président ou d’une vice-présidente, aux États-Unis, consiste à succéder au président s’il venait à mourir en fonction… Et que McCain, alors âgé de 72 ans, avait déjà survécu à plus d’un cancer.

Mitt Romney doit donc éviter de commettre la même erreur. Or, traditionnellement, les partis politiques américains aiment choisir un candidat à la vice-présidence qui «équilibre le ticket» en attirant un public différent du candidat à la présidence. Par exemple, John F. Kennedy, un Catholique du Massachusetts, avait tenté d’apaiser les craintes de l’électorat protestant envers ses allégeances religieuses en choisissant comme colistier le Texan Lyndon B. Johnson, même si les deux hommes ne s’aimaient pas exactement d’un amour tendre. Les tickets présidentiels où les deux candidats se ressemblent beaucoup (Clinton-Gore et Bush-Cheney, par exemple) constituent l’exception plutôt que la norme. Mais qui, chez les Républicains, pourrait bien «équilibrer» une candidature Romney?

Rick Santorum, qui s’est affirmé, à la surprise générale, comme le #2 lors des élections primaires? Sa popularité auprès de la droite évangélique pourrait apaiser les soupçons d’une certaine frange de l’électorat envers la foi mormone de Romney, mais il fait figure d’épouvantail auprès des électeurs modérés.

Marco Rubio? Le sénateur de la Floride n’a que très peu d’expérience et, bien que d’origine cubaine, il ne semble pas particulièrement populaire auprès de l’électorat hispanophone dont Romney cherche à se rapprocher.

Chris Christie? Le gouverneur du New Jersey, perçu comme une étoile montante au sein du Parti républicain, semble beaucoup plus intéressé par une candidature présidentielle en 2016 qu’à un rôle de second violon en 2012.

Mitch Daniels? Gouverneur de l’Indiana, il manque de charisme et son ancien emploi de directeur du budget dans l’administration Bush (qui a multiplié les déficits gigantesques) pourrait rebuter les activistes du Tea Party.

Bref, aucun candidat ne semble s’imposer d’office. Mitt Romney sera donc peut-être tenté de frapper fort, en choisissant un partenaire-surprise… Exactement comme John McCain l’a fait il y a quatre ans!

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