Docville – L’Été de Giacomo ou la crise existentielle estivale
Hugo Prévost
Il est de ces documentaires qui transportent, qui font rêver, ou qui nous jettent en bas de notre chaise. Et puis, il y a les documentaires plus lents, plus subtils, à la progression plus méthodique. L’Été de Giacomo d’Alessandro Comodin, projeté jeudi soir au cinéma Excentris dans le cadre de la série Docville des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), appartient à cette deuxième catégorie. Se rapprochant toutefois davantage de la fiction que du documentaire, le film effleure de façon quelque peu étrange l’amour naissant entre deux adolescents.
Giacomo, 19 ans et sourd depuis sa tendre enfance, passé une journée avec son amie Stefania, 16 ans, à se promener dans la campagne du nord-est de l’Italie. Dans une ambiance très intimiste – ils sont, en quasi-totalité, toujours seuls à l’écran -, les deux adolescents apprendront à mieux se connaître, et surtout à laisser éclater la passion qui finira par les habiter.
Dans cette histoire de séduction, mais également de perte de l’innocence, les deux jeunes sont gauches, maladroits, patauds, et n’oseront s’avouer leurs sentiments pour l’un et l’autre qu’à la toute fin du documentaire, et encore… Pas que l’amour et la passion en tant que tels soient nécessairement essentiels à l’histoire, au récit de ces deux Italiens tentant de grappiller ce qui reste d’une jeunesse en voie de disparition, mais le chemin pour parvenir à cette apogée est long, très long.
S’il est vrai que nous sommes ici devant un documentaire, et non devant un scénario scripté – quoique l’impression de regarder un film avec scénario soit très forte -, l’histoire entre les deux protagonistes ne suscite forcément pas l’attachement qu’on aurait pu attendre d’une romance orchestrée. En fait, lors du visionnement de L’Été de Giacomo, on éprouve plutôt la désagréable sensation de revenir quelques années en arrière, alors que nous étions nous mêmes des adolescents ou des jeunes adultes, et peinions comme des damnés pour nous dépêtrer de nos sentiments confus afin d’exprimer notre attirance ou notre amour envers l’être du sexe opposé.
Voilà peut-être, en fait, la véritable force de ce documentaire, et non pas (un exemple parmi d’autres) de présenter deux jeunes se lançant de la boue pendant 15 minutes, ou créant une cacophonie à la batterie… bref, des activités pratiquées par les jeunes de cet âge.
L’Été de Giacomo sera projeté jeudi soir à 19h au Cinéma Excentris. La séance sera suivie d’une période de questions via Skype avec le réalisateur.
Dans la catégorie: Culturel
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