Assurance-emploi : le PQ propose de rapatrier le programme

Pieuvre.ca

Le Parti québécois a relancé lundi l’idée de rapatrier le régime d’assurance-emploi au Québec, dans la foulée des modifications annoncées au programme fédéral par le gouvernement conservateur au cours des derniers jours. Selon le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi, de solidarité sociale et de lutte à la pauvreté, Dave Turcotte, avec l’annonce faite par le gouvernement Harper sur le resserrement des critères d’admissibilité à l’assurance-emploi, la situation est d’autant plus pressante.

Les réformes proposées par le gouvernement conservateur regroupe entre autres l’obligation, pour certaines catégories de travailleurs, d’accepter des postes comportant un salaire inférieur de 10, 20 ou 30 pour cent lorsque ces travailleurs épuisent régulièrement leurs prestations d’assurance-emploi. Ces modifications ont été vertement critiquées par divers groupes de défense des droits de la personne.

« L’assurance-emploi est un programme social qui est nécessaire à la vie de millions de Québécois. La vaste majorité des salariés et employeurs du Québec paie des cotisations, mais plusieurs salariés n’y ont pas accès lorsqu’ils deviennent chômeurs. Pour que ce programme soit conforme aux besoins des gens, pour qu’il joue son rôle sur les plans humain et économique, il faut remplacer le programme fédéral par un programme québécois. Un vrai programme d’assurance-emploi qui offrira un traitement décent, humain et efficace et qui répondra aux besoins propres des chômeurs et des entreprises du Québec », a pour sa part déclaré Bernard Drainville, porte-parole en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes.

« À voir l’attitude du gouvernement fédéral, il faut se demander si l’intention inavouée et inavouable du gouvernement Harper n’est pas de fermer les régions-ressources québécoises », a ajouté Bernard Drainville.

Selon Dave Turcotte, quelques principes de base guideraient la mise en place d’un régime québécois d’assurance-emploi. « Un régime québécois serait une véritable assurance pour les salariés. Il apporterait une solution à la pénurie de main-d’œuvre spécialisée et viserait une réduction à long terme des taux de cotisation des employeurs et des employés et les employeurs en sortiraient gagnants. »

Au dire du Parti québécois, le dédoublement de coûts administratifs que représente le programme d’assurance-emploi actuellement est énorme. Pour le Québec seulement, ce seraient ainsi 485 millions $ en frais de fonctionnement. En couplant les services de fonctionnement d’Emploi-Québec et ceux du programme d’assurance-emploi, le PQ prévoit pouvoir économiser des centaines de millions de dollars qui serviront à payer les prestations ou à réduire les cotisations. Ce rapatriement de l’assurance-emploi permettrait de mieux arrimer la formation des travailleurs et les besoins des entreprises.

« Le Parti Québécois propose une solution d’avenir durable et efficace pour les travailleurs et les employeurs québécois, le tout ayant pour objectif d’améliorer concrètement la qualité de vie de ces derniers », a ajouté Dave Turcotte.

« Le gouvernement Harper a fait du respect des compétences des provinces un mantra lors des dernières campagnes électorales. Nous ne voyons pas pourquoi il ne verrait pas cette proposition comme une occasion de respecter sa parole », a conclu Bernard Drainville.

Les modifications apportées au régime d’assurance-emploi doivent être officialisées lors de l’adoption de l’imposant projet de loi budgétaire C-38, qui regroupe des changements apportés à 70 lois différentes.

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