FTA – Chutes multisensorielles

Émilie Plante

Un piano, un homme et une femme, des mouvements, des textes récités, des paroles chantées. Un spectacle hybride à mi-chemin entre la danse et la performance musicale, comme un rêve éveillé raconté par deux interprètes : Chutes incandescentes incarne un univers onirique un peu trouble, unissant poésies orientale et occidentale.

Photo : FTA

Présenté en première mondiale à l’Agora de la danse dans le cadre du Festival trans-amériques (FTA), Chutes incandescentes est une performance dans laquelle Benoît Lachambre et Clara Furey allient musique, voix et mouvements, sous des projecteurs qui les transpercent de lumière.

Le solo, imaginé par Lachambre, devait être interprété par Furey au FTA en 2010. En raison d’une blessure, les représentations avaient cependant dû être reportées, laissant aux deux artistes le temps d’y intégrer de nouveaux éléments. La version préparée pour le présent FTA a subi quelques changements. Elle incorpore maintenant les deux interprètes dans ce duo interdisciplinaire dont la chorégraphie et les textes sont signés par Lachambre et la musique, dirigée par Furey.

S’inspirant de l’Hindouisme et de la poésie indienne, le spectacle fait référence à plusieurs éléments de la mythologie hindoue. Mauvais démon, âmes et autres archétypes mythiques viennent hanter et habiter les interprètes. Peut-on alors parler de spiritualité? Pas vraiment. Malgré un constant effet de balancier entre l’ancien et le nouveau, l’Orient et l’Occident, le bien et le mal, les deux protagonistes ne paraissent pas atteindre l’illumination ultime. Oeuvre multisensorielle, Chutes incandescentes est plutôt de l’ordre de la prise de conscience et des perceptions sensorielles que de la spiritualité telle qu’on l’imagine.

Corps, voix et réalité désunis

Il y a les corps qui tressautent, qui se dénudent un peu, qui se théâtralisent, qui ne font qu’un avec le piano sur la scène. Un piano qui forme une union indissoluble avec les deux interprètes, qui l’emploient de toutes les manières imaginables. Par moments, Furley et Lachambre s’abandonnent entièrement et parfois, on les sent otages d’une inextricable transe, le corps soumis à des tics et des tressaillements, les yeux hagards, psalmodiant des mots qui ne font pas écho à la réalité.

On se perd parfois un peu dans le flot de paroles et de mouvements exécutés simultanément. La place étant le plus souvent laissée aux paroles et aux chants, malgré le magnétisme exercé par les deux protagonistes sur scène, la conjugaison de leurs corps n’est pas toujours convaincante…

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