Fusion Bell-Astral : les actionnaires donnent leur accord

Thibaud de Clerck

Bell, l’entreprise de communication, et Astral, la société de médias, fusionnent. Quatre-vingt-dix pour cent des actionnaires d’Astral ont approuvé cette transaction de 3,38 milliards $ qui appuie la stratégie d’investissement dans les réseaux large bande de Bell et rétablit l’équilibre concurrentiel du marché des médias québécois.

George Cope et Ian Greenberg

Georges Cope, président et chef de la direction de BCE et de Bell Canada se réjouit de la décision des actionnaires d’Astral. L’acquisition de l’entreprise par Bell a été appuyée avec une écrasante majorité, ce qui plaît beaucoup à M. Cope. Selon ce dernier, « c’est une transaction qui réunit deux des marques les plus fortes au Québec pour offrir le meilleur contenu aux clients au moyen de services large bande novateurs, comme Télé Fibe et Télé mobile de Bell ». « Cette transaction accroît grandement l’offre de contenu francophone de Bell et rétablit l’équilibre avec notre principal concurrent du marché des médias québécois. Nous sommes heureux d’accueillir l’équipe talentueuse et chevronnée d’Astral alors que Bell continue de favoriser l’investissement, l’innovation et la concurrence dans le secteur des communications large bande au Québec et au Canada », a-t-il ajouté.

L’arrangement a été approuvé à la quasi unanimité des actionnaires d’Astral, que ceux-ci disposent ou non d’un droit de vote. « Je me réjouis de l’appui généralisé des actionnaires d’Astral en faveur de l’arrangement », a déclaré Ian Greenberg, président et chef de la direction d’Astral. « Je suis impatient de poursuivre notre étroite collaboration avec l’équipe de Bell en vue d’obtenir les approbations des organismes de réglementation pour l’opération et sa réalisation plus tard en 2012. »

Cette transaction n’est pas encore officielle car l’arrangement est également assujetti à l’approbation de la Cour supérieure du Québec lors de l’audience finale, qui devrait avoir lieu vendredi le 25 mai 2012. L’arrangement est censé être réalisé au second semestre de 2012, sous réserve de l’approbation de la Cour et des approbations requises des organismes de réglementation.

Le profit avant le contenu?

Cette transaction, malgré le fait qu’elle ne soit pas finalisée, met « au monde » un mammouth de la communication qui possède le contenu, le contenant et les canaux de diffusions. Un cas semblable a déjà eu lieu par le passé avec le rachat par Québecor de Vidéotron. Un rachat qui transforme Québecor en géant sans égal dans le monde des médias. Cette concentration des médias risque, encore une fois, de porter un dur coup à la diversité des contenus, ouvrant plutôt la porte son homogénéisation. Déjà en 1974, Claude Ryan, ancien directeur du journal Le Devoir, s’opposait au rachat du Soleil par le propriétaire de La Presse. « Un quart de siècle plus tard, je pense toujours la même chose », déclare-t-il dans La Presse.

À toujours vouloir marcher sur les plates-bandes des concurrents, ces deux géants risquent de proposer le même type de contenu car il faut toucher un maximum de clients et ils n’est pas question qu’une niche de consommateur soit oublié car elle pourrait signer chez un concurrent.

Une bataille commerciale se prépare donc, à l’avantage, en principe, des consommateurs qui pourraient profiter de meilleurs tarifs et de contenus plus riches. Mais cette centralisation des médias est-elle réellement une bonne chose pour le consommateur?

Dans la catégorie: À la unePolitique et Économie

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