La malnutrition, un problème très répandu dans les hôpitaux du pays

Pieuvre.ca

Jeudi et vendredi, lors de l’Assemblée annuelle de la Société canadienne de nutrition à Vancouver, le Groupe de travail canadien sur la malnutrition (GTCM) présentera les résultats préliminaires de l’Étude sur les soins nutritionnels dans les hôpitaux canadiens, qui démontre qu’en milieu hospitalier, la malnutrition est très répandue et que l’état nutritionnel peut se détériorer chez de nombreux patients, ce qui peut influer sur les résultats cliniques.

Photo : Nouvel Observateur

Les soins nutritionnels doivent être améliorés afin de favoriser le processus de rétablissement, affirme le groupe par voie de communiqué. Celui-ci est composé de professionnels et de chercheurs de la santé préoccupés, qui cherchent à résoudre les problèmes de malnutrition dans les hôpitaux canadiens.

Le GTCM vise ainsi l’atteinte d’un état nutritionnel optimal chez les patients adultes et pédiatriques dans les hôpitaux, ainsi que les personnes âgées vivant dans la communauté et les établissements de soins de longue durée (SLD), par « l’élaboration et la promotion de processus de soins nutritionnels valables dans le cadre de soins cliniques standard ». La malnutrition, précise-t-on, est un problème largement répandu au pays qui exige l’attention du public, et ce dans le but de combler les lacunes entre la recherche et la pratique dans les domaines de la prévention, de la détection et du traitement de la malnutrition chez les Canadiens par un « continuum » de soins.

Des études antérieures ont par ailleurs confirmé que la nutrition optimale pose un problème important au Canada.

« Le GTCM effectue actuellement une nouvelle étude pour évaluer la question de la malnutrition et des soins nutritionnels dans les hôpitaux canadiens à l’échelle du pays. Il s’agit d’une étude importante, étant donné que le rétablissement du patient dépend non seulement du traitement particulier de sa maladie, mais aussi d’une bonne nutrition. Malheureusement, le rôle des soins nutritionnels est souvent ignoré dans notre système de soins de santé », explique la Dre Johane Allard, professeure de médecine à l’Université de Toronto et co-présidente du GTCM.

Selon les résultats préliminaires, la prévalence de la malnutrition est d’environ 40 pour cent dans les hôpitaux canadiens, les patients souffrant de malnutrition grave étant plus âgés et présentant davantage de maladies concomitantes. Les résultats laissent également entendre que l’état nutritionnel se détériore chez certains patients à l’hôpital et que la mortalité est plus élevée chez les patients souffrant de malnutrition. Un bon état nutritionnel à l’admission permet de prédire une courte durée d’hospitalisation, tout comme le fait de consommer plus de 50 pour cent des repas fournis et d’être âgé de moins de 60 ans, spécifie le groupe de travail. « Cela indique que nous devons déployer plus d’efforts pour maintenir et améliorer l’état nutritionnel et l’apport alimentaire chez les patients hospitalisés pour accélérer leur rétablissement », ajoute celui-ci.

« Fait important ressorti de cette étude, les médecins n’évaluent pas toujours l’état nutritionnel des patients à l’admission et lors de leur congé de l’hôpital, et même si la plupart des patients étaient satisfaits de la qualité des aliments, la moitié d’entre eux consommaient moins de 50 pour cent de leurs repas pour diverses raisons », mentionne le GTCM. Un sondage de satisfaction des patients, qui faisait partie de l’étude, a fait ressortir que les patients ont de la difficulté avec la taille des portions servies, n’arrivent pas à atteindre leurs plateaux-repas ni à ouvrir les emballages, et sautent des repas pour subir des interventions médicales.

« Bien que le problème soit endémique, nous allons dans la bonne direction pour comprendre comment nous pouvons améliorer les pratiques de nutrition chez les patients canadiens et changer considérablement l’avenir de leur bien-être », explique la Dre Allard.

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