La Russie et le Japon visent la Lune… de façon permanente

Hugo Prévost

La course à l’espace pourrait bien être prochainement relancée. Alors que les principales agences spatiales de la planète se sont réunies à Washington, D.C., aux États-unis (Europe, Canada, Russie, ainsi que des représentants de l’Inde et du Japon, mais sans le pays hôte), les gouvernements russe et nippon ont causé une certaine surprise en annonçant des plans pour non seulement envoyer des astronautes sur la Lune, mais aussi pour y établir des bases permanentes.

Projet d'une base lunaire. Photo : NASA

Longtemps considéré comme la chasse gardée des Américains, après le programme Apollo, le seul satellite naturel de la Terre est désormais dans la mire de diverses puissances spatiales néophytes – la Chine et l’Inde -, mais aussi d’agences plus expérimentées dans le domaine. Les Russes y ont en effet déjà envoyé plusieurs sondes; quant au programme spatial japonais, il dispose d’une longueur d’avance sur celui de ses voisins asiatiques, avec une collaboration de longue date avec la NASA et l’Agence spatiale européenne, par exemple, dans le cadre de la construction de la Station spatiale internationale.

Au-delà de l’aspect prestigieux de l’affaire – qu’il ne faut certainement pas négliger -, des considérations économiques peuvent également être envisagées pour expliquer ce regain d’intérêt, alors que la NASA vise plutôt à envoyer des missions vers des astéroïdes ou Mars. Dans un contexte de développement de l’industrie spatiale, une base permanente sur la Lune représenterait un point de départ particulièrement intéressant pour d’éventuels départs vers d’autres horizons plus lointains.

La perspective commerciale pèse également dans la balance; après tout, la Lune regorge de certaines ressources naturelles, dont de l’oxygène dans le sol, qui pourraient être extraites et utilisées sur place, renvoyées sur Terre, ou exploitées pour pousser plus avant l’essaimage de l’humanité parmi les étoiles.

Avec l’annonce récente des plans d’une entreprise privée pour aller capturer des astéroïdes pour ensuite les ramener et en exploiter les ressources minières, et le lancement réussi du premier engin de ravitaillement privé à destination de la Station spatiale internationale, la capsule Dragon de la compagnie SpaceX, une multitude de nouvelles possibilités semblent s’offrir aux entreprises audacieuses, ou tout simplement aux agences spatiales désireuses de diversifier leurs activités.

Selon ce qu’a rapporté Nature, Vladimir Popovkin, le directeur de Roscosmos, l’agence spatiale russe, a indiqué que son pays allait mener des opérations de longue haleine à la surface de la Lune. « Nous ne parlons pas de répété ce que l’humanité a réussi il y a 40 ans », a-t-il dit en faisant appel à un interprète. « Nous parlons d’établir des bases permanentes. »

Dans la même optique, JAXA, l’agence spatiale japonaise, a clairement indiqué qu’elle ciblait l’astre lunaire. « Nous envisageons de nous concentrer sur la Lune comme prochaine cible de notre programme d’exploration humaine », a déclaré Yuichi Yamaura, un vice-directeur exécutif chez JAXA.

Dans la catégorie: Science et Technologie

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