Appel à une taxe financière pour lutter contre le sida

Pieuvre.ca

Alors que les pressions de la rue se multiplient pour que les gouvernements de la planète adoptent une taxe sur les transactions financières – une idée à laquelle de nombreux ministres des Finances, comme celui du Canada Jim Flaherty, refusent d’envisager, l’organisme COCQ-SIDA dit plutôt vouloir utiliser les fonds dégagés par une telle taxe pour financer la lutte contre le VIH et le sida.

Le regroupement d’organismes communautaires québécois dans la lutte contre cette maladie veut ainsi faire changer d’avis le gouvernement Harper, et faire modifier la position canadienne sur l’application d’une telle taxe, appelée taxe sur les transactions financières (TTF), mais aussi taxe Robin des Bois.

S’exprimant par voie de communiqué, la COCQ-SIDA rappelle que cette taxe financière – de l’ordre de 0,05 pour cent sur les transactions – est passée du statut « d’idée radicale à celui de proposition réaliste » considérée par le Fonds Mondial International (FMI), la Commission européenne, le G20 et un certain nombre de gouvernements nationaux.

« Pourtant, le gouvernement Harper reste sourd et continue de refuser tout geste solidaire dans la lutte contre le sida, la pauvreté et les changements climatiques. Mais nos efforts continuent pour amener les dirigeants à revoir leur position et les choses avancent, car l’opposition officielle, le Nouveau parti démocratique, a annoncé publiquement, au printemps 2011, son soutien à une TTF », mentionne-t-on.

Si la TTF s’affiche comme la bête noire des spéculateurs, elle est en même temps, aux yeux de la COCQ-SIDA et de plusieurs autres organismes et mouvements sociaux,  la meilleure réponse au financement du développement. Instaurer la taxe Robin des bois, à hauteur de 0,05 pour cent sur l’ensemble des transactions financières (actions, obligations et produits dérivés), affirme-t-on, dégagerait des centaines de milliards de dollars par an au niveau mondial, soit suffisamment pour débarrasser le monde du sida, du paludisme, de la faim, de l’illettrisme, et régler les autres urgences sociales et environnementales de la planète, tout en régulant les spéculations sur les marchés financiers.

Toujours selon la COCQ-SIDA, une taxe sur les flux financiers génèrerait des milliards pour « construire un monde plus juste ». Le regroupement en appelle ainsi au gouvernement conservateur et au premier ministre de considérer de mettre cette taxe en place. Pour que la taxe soit cependant respectée, une majorité de pays et de gouvernements doivent appuyer sa mise place, faute de quoi la mesure n’aura pas l’efficacité désirée, et pourrait même nuire aux États ayant instauré cette taxe.

C’est d’ailleurs le cas de l’Union européenne dans le dossier de la taxe pour les compagnies aériennes volant dans le ciel européen; les gouvernements de l’UE subissent d’importantes pressions financières de la part de la Chine et des États-Unis, pour ne nommer que ceux-ci. La Chine a d’ailleurs annulé la commande de plusieurs avions Airbus par mesure de représailles.

Dans la catégorie: Politique et Économie

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