Fermeture de prisons fédérales : Ottawa pris à partie

Pieuvre.ca

Des membres du Syndicat des agents correctionnels du Canada ont occupé ce matin cinq bureaux de circonscription appartenant à trois ministres fédéraux afin de protester contre des fermetures de pénitencier annoncées et une série d’engagements du Parti conservateur non réalisés. Selon le syndicat auquel ils sont affiliés, la CSN, ces agents ont également livré un manifeste détaillant leurs plaintes aux bureaux du ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, du président du Conseil du Trésor, et du ministre de l’Industrie Christian Paradis.

L'établissement Leclerc, en Ontario

Selon le manifeste, publié sur le site Internet de l’unité syndicale, les agents correctionnels dénonce une « incohérence administrative » entourant l’annonce récente de la fermeture de trois pénitenciers, qui viendrait contredire, soutiennent les syndiqués, l’objectif conservateur sur « la sécurité des rues et des communautés », en plus de mettre des agents correctionnels en danger.

Parmi les facteurs aggravants, les syndiqués citent entre autres l’augmentation de la surpopulation carcérale et de la double occupation des cellules alors que cette même population augmente en raison « de la politique de durcissement du gouvernement envers la criminalité » et « en dispersant des détenus qui ont de graves problèmes de santé mentale dans des établissements inappropriés ». L’un des pénitenciers appelés à fermer ses portes est l’unité régionale de santé mentale, adjointe au pénitencier de Kingston, en Ontario, lui aussi sensé fermer.

Les syndiqués dénoncent également par communiqué le fait que, malgré ses six ans au pouvoir, le gouvernement conservateur n’a pas tenu ses engagements face aux agents correctionnels quant aux salaires, le régime de retraite et sur une question importante de santé et de sécurité. La convention collective actuelle du syndicat est échue depuis deux ans et les agents correctionnels s’attendent à ce que les négociateurs du Conseil du Trésor aient un réel mandat afin de renouveler leur contrat de travail, indique-t-on.

Les troupes de Stephen Harper se voient également reproché le fait de « refuser de participer au débat de bonne foi », en plus d’« insister sur le secret d’une manière inutile et nuisible, une pratique qui est incompatible avec les normes démocratiques », et d’omettre « de consulter les intervenants touchés avant d’implanter des changements de taille dans le Service correctionnel ».

Incidemment, les syndiqués demandent à Ottawa de revenir sur la décision de fermer les trois prisons fédérales dans 18 mois, à moins de construire des établissements de remplacement appropriés. Ils demandent aussi au gouvernement conservateur de respecter ses engagements envers les agents corrections concernant les salaires, les pensions et les conditions de travail, ainsi que d’entamer des consultations auprès des employés à propos de l’évolution du Service correctionnel du Canada.

Dans la catégorie: Politique et Économie

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