Survie de la Cinémathèque : Québec nommera un comité d’experts

Hugo Prévost

Les démarches se poursuivent pour tenter de sauvegarder la Cinémathèque québécoise; l’institution cinématographique du boulevard Maisonneuve, à Montréal, a annoncé la semaine dernière qu’elle accueillait favorablement la nouvelle de la mise sur pied, par la ministre de la Culture Christine Saint-Pierre, d’un comité constitué d’experts pour examiner les enjeux auxquels la Cinémathèque fait face.

La Cinémathèque québécoise

Selon les informations dévoilées par voie de communiqué, l’administration de la Cinémathèque a ainsi rencontré la ministre pour lui faire part de la situation dans laquelle elle se trouve. Malgré, dit-on, sa mission élargie pour inclure toutes les déclinaisons de l’image en mouvement (incluant la vidéo et les nouveaux médias), les changements technologiques et la venue du numérique, le cadre financier de l’institution est demeuré le même « depuis 1963″, ce qui contribue à la « crise de croissance dans laquelle elle se trouve aujourd’hui ».

Déjà, en mars dernier, l’organisme avait tiré la sonnette d’alarme, faisant état d’un sous-financement chronique qui laissait présager d’une fermeture dans les six mois, faute de fonds. L’un des responsables de l’institution avait alors suggéré que Québec transforme la Cinémathèque en société d’État dont le mandat serait de protéger le patrimoine audiovisuel québécois et de le mettre en valeur. Québec solidaire dit d’ailleurs appuyer cette revendication, afin d’éviter d’autres problèmes de sous-financement semblables.

«Ce qui me désole c’est de voir que des rapports d’experts ont pointé ce problème de sous-financement dès 2001 et qu’aucun gouvernement n’a fait quoi que ce soit pour assurer le financement de ce joyau de la culture québécoise, avait alors affirmé Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire. Aujourd’hui et comme dans de nombreux domaines, le Parti libéral souhaite que cet organisme remplisse une mission de service public sans lui donner les moyens d’assurer cette mission», regrettait-t-elle.

Charles David, président du conseil d’administration de la Cinémathèque, suggérait que dès l’étape de la production d’un film ou d’une production télévisée, un pourcentage du budget devrait être dévolu pour sa conservation à la Cinémathèque, permettant ainsi à tout le cycle — développement, production, diffusion, patrimoine — de rouler sans problème. «Des crédits d’impôt pourraient être injectés dans le système», avait-il mentionné au Devoir.

La semaine dernière, il a ajouté que l’équipe de la Cinémathèque « était ravie de constater que la ministre reconnaît l’apport de la Cinémathèque dans la préservation du patrimoine audiovisuel et international. Le fait qu’elle souhaite une solution permanente, qui sera satisfaisante pour toutes les parties afin que l’institution puisse continuer à remplir adéquatement ses mandats nous réjouit encore plus ».

La Cinémathèque dit par ailleurs vouloir travailler en étroite collaboration avec les membres de ce comité d’experts pour lui fournir tous les éléments d’information dont il aura besoin pour mener à bien son travail d’analyse.

Dans la catégorie: Culturel

Mots-clef: , , , , , , , , , , , , ,

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.