Monter à l’assaut de Cannes, un court-métrage à la main
Hugo Prévost
Qu’on se le tienne pour dit : Xavier Dolan ne sera pas le seul Québécois à remonter le grand tapis rouge de la Croisette au Festival de Cannes. Si l’homme derrière Laurence Anyways fait beaucoup parler de lui, certains de ses compatriotes se rendront eux aussi en France pour présenter leurs créations cinématographiques à la crème mondiale du septième art. L’une d’entre eux, la Québécoise d’origine libanaise Yasmine Ghorayeb, a accepté de nous rencontrer pour nous parler de Saudade, son oeuvre qui se retrouvera au Short Film Corner du prestigieux festival.
Attablée dans un café, la jeune femme sourit. La réaction est compréhensible; après tout, qui ne serait pas heureux à l’idée de voir son premier court-métrage être sélectionné pour être projeté lors du plus célèbre festival de cinéma de la planète?
« J’ai toujours été passionnée par le cinéma, dit Mme Ghorayeb. Ça remonte à mon enfance : mon père est un grand cinéphile et il avait des bibliothèques pleines de livres sur le cinéma et de films dans la salle de séjour. J’ai développé ma passion avec lui. Quand je suis venue m’installer au Québec en 2006, j’ai fait des études en biologie et une maîtrise en pharmacologie, mais j’ai toujours eu ce besoin de m’exprimer au travers du cinéma et du septième art. »
De Saudade, elle dira que l’idée est un projet personnel, un hommage à un membre de sa famille décédé récemment après avoir lutté contre le cancer. « J’ai voulu essayer de réaliser un film qui montre une perspective différente du cancer, à travers le point de vue de cette personne, y compris en vivant une solitude extrême. »
Pour ce film-hommage, elle retourne dans son Liban natal, histoire d’y retrouver ses racines. Saudade sera tourné en quatre jours, mais la pré et la post-production dureront plus d’un an, histoire de fignoler tous les petits détails. « Nous avons décidé de l’envoyer à de nombreux festivals, et Cannes nous a rapidement fait savoir qu’il était sélectionné pour être projeté au Short Film Corner cette année », lance-t-elle, de l’excitation dans la voix.
Outre le fait d’assister à cette grand-messe, ce sera aussi l’occasion de partir à la chasse aux distributeurs, histoire de lancer la carrière du film, mais également la carrière de cette jeune réalisatrice. Celle-ci a d’ailleurs une autre idée de court-métrage en tête, en même temps qu’elle veut distribuer Saudade un peu partout dans le monde. « On veut l’envoyer en Amérique du Nord, bien sûr, mais aussi en France, et pourquoi pas dans la région méditerranée, voire au Liban », dit-elle, avant d’enchaîner sur son prochain projet de court-métrage, qui examinera le côté multiculturel de Montréal, un aspect de la métropole qu’elle semble particulièrement apprécier.
Yasmine Ghorayeb planche aussi sur un projet de long-métrage, mais, mentionne-t-elle en riant, elle ne veut pas donner trop de détails pour l’instant. Pas mal, pour une jeune réalisatrice qui effectue ses premiers pas à l’arrière d’une caméra.
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