Les bactéries, porte ouverte sur l’évolution des espèces

Pieuvre.ca

Le changement n’est pas toujours visible à l’oeil nu : une nouvelle recherche ont en effet récemment révélé la façon dont les bactéries évoluent pour accroître le fonctionnement de leurs écosystèmes en recyclant mutuellement leurs déchets. Cette étude offre certaines des premières preuves à propos de la manière dont les interactions entre les espèces influent sur le processus d’évolution lorsqu’il existe une communauté d’espèces diverses.

Prédire la façon dont des espèces et des écosystèmes réagiront à de nouveaux environnements est extrêmement important en biologie. La majeure partie des études sur l’adaptation évolutive se penchent toutefois sur des espèces uniques isolées, bien que toutes les espèces vivent dans des communautés diverses auprès d’autres espèces. De récentes théories ont d’ailleurs suggéré que les interactions entre les espèces pourraient avoir un profond effet sur la manière dont chaque espèce évolue, mais très peu de preuves expérimentales existent pour soutenir ces idées.

La recherche a consisté à cultiver cinq espèces de bactérie en laboratoire afin de les étudier en isolation et lors de leurs interactions au sein d’une communauté des cinq espèces. Les cultures bactériennes ont pu s’adapter à de nouvelles conditions pendant 70 générations de bactéries; en comparant l’utilisation des ressources chimiques au début et à la fin de l’expérience, il a été possible de montrer de quelle façon l’utilisation des ressources et la production de déchets de chaque espèce avait évolué.

L’équipe de recherche a découvert que les bactéries qui ont évolué au sein d’une communauté mixte avaient modifié leurs habitudes de consommation de ressources pour les partager de façon plus efficace entre elles et pour utiliser les déchets des autres espèces d’une manière coopérative. Au contraire, lorsqu’elles ont grandi seules, ces mêmes espèces ont évolué pour utiliser les mêmes ressources que les autres, en venant donc à se livrer une lutte et nuisant à la croissance mutuelle.

« Nos résultats ont de très grandes implications pour mieux comprendre la façon dont les espèces répondent à des conditions changeantes », a déclaré Diane Lawrence, une doctorante du Department of Life Sciences and Grantham Institute for Climate CHange, et principale auteure de l’étude. « Parce que toutes les espèces vivent ensemble avec plusieurs autres centaines d’espèces, le genre de phénomène que nous avons observé ici s’applique certainement » dans la nature.

L’un des exemples de l’application de cette découverte concerne la façon dont les insectes et les plantes réagiront aux changements climatiques au cours des prochains siècles, soit une période de temps similaires à celle étudiée pour les bactéries. Ces changements devront être étudiés en fonction des interactions avec les autres espèces, précisent les chercheurs.

Dans la catégorie: Science et EnvironnementScience et Technologie

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