Prochainement, dans votre coin du ciel : un futur hôtel orbital

Hugo Prévost

Avez-vous votre billet pour le premier hôtel orbital? Si la technologie – et les moyens financiers pour y parvenir – sont encore bien loin de la fameuse station spatiale de 2001 : l’Odyssée de l’espace, le jour où il sera possible d’embarquer à bord d’un engin spatial privé pour s’envoler vers un habitat orbital – privé, lui aussi -, afin d’y passer quelques jours de repos n’est plus très loin. À preuve, l’entreprise commerciale SpaceX a annoncé cette semaine un partenariat afin d’offrir des vols orbitaux en direction des habitats spatiaux Bigelow, ouvrant ainsi toute grande la porte à un véritable système récréotouristique en apesanteur.

L'engin Genesis II de Bigelow en orbite. Photo : Bigelow Aerospace

Si l’expression « révolution » est peut-être lancée à tort ou à travers dans le domaine de la privatisation de l’espace, il n’en reste pas moins que les principaux acteurs du domaines progressent à pas de géant et multiplient les annonces encourageantes. Pour les gens relativement riches, du moins.

Car si le tourisme spatial devient progressivement une réalité pour les riches « ordinaires », et non pas les quelques personnes pouvant se permettre des dépenses de plusieurs dizaines de millions de dollars pour s’envoler en direction de la Station spatiale internationale, les tarifs de ces voyages nouveau genre ne sont pas nécessairement meilleur marché pour le commun des mortels. Si SpaceX n’a pas détaillé le prix d’un passage à bord de sa capsule Dragon (dont la première mission doit avoir lieu le 19 mai), l’entreprise Virgin Galactic, elle, a déjà vendu plusieurs milliers de billets à 200 000 $ US l’unité pour un vol d’une vingtaine de minutes à bord de son SpaceShipTwo.

SpaceX offrira donc des vols vers le prochain habitat orbital de Bigelow, qui reprend le concept des modules spatiaux gonflables, examiné par l’agence spatiale américaine, la NASA, depuis une quarantaine d’années. La compagnie Bigelow Aerospace, en opération depuis 1999, vise la mise en orbite de sa station BA 330, qui offrira environ 330 mètres cubes d’espace en microgravité où pourront travailler des agences spatiales, des entreprises, des universités et des chercheurs, le tout avec un équipage de six personnes.

Par la suite, Bigelow veut connecter deux de ses modules BA 330, histoire d’offrir un environnement de test et de développement encore plus important.

La capsule Dragon, de son côté, peut transporter sept passagers, et doit principalement servir à ravitailler la Station spatiale internationale, en plus d’assurer la rotation des astronautes, qui dépendent actuellement des capsules Soyouz russes et des vaisseaux automatisés Progress de l’Agence spatiale européenne.

Si les fameux palaces orbitaux relèvent encore de la science-fiction, le jour n’est peut-être plus très loin où il sera possible d’acheter un espace en orbite pour tranquillement contempler la Terre flottant dans l’immensité galactique.

En attendant, les responsables de SpaceX et de Bigelow débuteront une tournée promotionnelle au Japon après la prochaine mission de la capsule Dragon.

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