Dark Shadows : un film sans mordant

Claudia Hébert

Tim Burton et Johnny Depp s’unissent, le temps d’un nouvel opus, pour une histoire de vampire au crocs bien peu acérés… En Nouvelle-Angleterre, un héritier coureur de jupon brise le cœur d’une jeune sorcière. La vengeance sera douce au cœur de la demoiselle qui s’empressera de lui faire perdre tout ceux qu’il aime, le changera en vampire et l’enfermera dans un cercueil six pieds sous terre. Deux cent ans plus tard, nous sommes en 1972 et Barnabus Collins (Depp) est accidentellement libéré de sa prison. Il retrouve son manoir bien aimé en piètre état et la ville de Collinsport maintenant sous l’emprise d’Angélique la sorcière (Eva Green), celle-ci ayant utilisé le temps où son bien aimé était à l’ombre pour usurper sa place et ruiner ses descendants.

Inspiré de la série télé culte du même titre, Dark Shadows est une comédie gothique qui  tombe plutôt à plat. Il y a quelques films déjà qu’on attendait un retour en force du réalisateur culte, qui semble se complaire depuis quelques années dans des adaptations peu inspirées. Dark Shadows n’échappe pas à la tendance et s’enfonce peut-être encore plus profondément dans un mode de divertissement léger et sans substance.

Si Burton est fidèle à lui-même pour ce qui est de la conception et de la direction artistique, son talent est ici malheureusement mis à contribution pour un scénario médiocre, correct et sans plus, qui manque de force, d’humour et de profondeur. Des répliques qui tombent à plat, une intrigue vague et sans mystère; des coups de théâtre qui n’ont aucun impact, trop de  personnages sans aucune utilité…

On ne pourrait être moins intéressés par les relations entre les protagonistes : on ne s’attache jamais aux membres de la famille Collins, on ne comprend jamais vraiment les enjeux et bien franchement, on s’en fout. Chloë Grace Moretz est mal à l’aise en adolescente rebelle et Michelle Pfeiffer pose et bouge comme au théâtre en matriarche. La romance entre Barnabus et la réincarnation de sa bien aimée, incarnée par la nouvelles venue Bella Heathcote (qui n’a aucune chance de briller dans un rôle de porte-manteau), nous laisse froids et indifférents et échoue à mener l’histoire comme elle le devrait.

Depp est toujours aussi charismatique, mais commence à se répéter au fil des rôles qu’il incarne pour Burton, n’apportant pas grand chose de nouveau à la table. Aussi : le public pourrait commencer à se lasser de l’épaisse  et ridicule couche de fond de teint blanc qu’il arbore depuis Sweeny Todd en passant par Alice au pays des merveilles…

Film d’Halloween qui fait sa sortie en salle en avance (ou en retard?) sur le calendrier, Dark Shadows est un film vaguement amusant qui rate sa cible, déçois et qui ne rejoint pas nos attentes quand il est question de Tim Burton.

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Dans la catégorie: Culturel

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