Nouvelle norme canadienne pour une aquaculture plus saine
Pieuvre.ca
Après les produits de la terre, voilà que les produits de la mer auront également leur appellation biologique au Canada. Selon l’Alliance de l’industrie canadienne de l’aquaculture et la Canada Organic Trade Association, les consommateurs canadiens pourront désormais choisir des produits d’élevage biologiques certifiés, ce qui comprend les poissons, les fruits de mer et les plantes aquatiques, et ce grâce à la mise en application, dès jeudi, de la Norme canadienne sur l’aquaculture biologique.
L’aquaculture, soit l’élevage de végétaux et d’animaux aquatiques, est le système de production d’aliments qui affiche la plus forte croissance dans le monde, produisant environ 50 pour cent des poissons et fruits de mer consommés actuellement. Comme cette activité représente l’élevage de végétaux et d’animaux, il est possible d’appliquer des principes d’exploitation et d’alevinage biologiques à ce système de production. « Comme son homologue terrestre, le secteur aquatique biologique utilise des protocoles d’exploitation spécifiques, qui minimisent l’utilisation de substances synthétiques et maximisent la qualité de l’environnement local », mentionne-t-on dans l’annonce diffusée jeudi.
Plus précisément, la norme sur l’aquaculture biologique interdit l’utilisation d’antibiotiques, d’herbicides et d’organismes génétiquement modifiés, et limite sévèrement l’utilisation de parasiticides, permis uniquement sous supervision vétérinaire comme dernier recours de traitement. La norme, indique-t-on par voie de communiqué, établit des exigences mesurables sur des pratiques minimisant l’impact des déchets. Cela comprend la définition de la capacité porteuse, les procédures de nettoyage, et le matériel de nettoyage et d’alimentation devant être utilisé.
La nouvelle norme a été élaborée avec l’Office des normes générales du Canada et un comité d’intervenants formé de représentants de l’industrie, de défenseurs des consommateurs, de responsables de la réglementation et d’organismes environnementaux. L’ébauche de la norme a fait l’objet de deux examens publics et la norme a subi d’innombrables changements avant d’être rendue publique cette semaine, précise-t-on.
« L’industrie travaille fort pour maintenir des normes élevées, a dit Ruth Salmon, la directrice exécutive de l’Alliance de l’industrie canadienne de l’aquaculture (AICA), et la certification biologique permettra à certains exploitants d’appliquer des normes biologiques à leurs modes de production. »
Pour obtenir la certification, les produits canadiens de l’aquaculture doivent provenir d’exploitations utilisant des modes de production biologique respectant la nouvelle norme. Les exploitations sont inspectées par de tierces parties afin d’assurer que la norme est respectée. Pour le moment, la nouvelle norme nationale n’est pas sujette au Règlement canadien sur les produits biologiques ou aux équivalences commerciales des produits biologiques avec les États-Unis ou l’Union européenne.
« Jusqu’à présent, les allégations de produit biologique pouvaient être faites pour des produits de l’aquaculture étrangers, et les consommateurs ignoraient si ces allégations étaient fiables ou quelles normes elles respectaient, explique Matthew Holmes, directeur exécutif de la Canada Organic Trade Association. Nous avons maintenant une norme propre au Canada qui définit clairement et de façon vérifiable les exigences en matière d’élevage et d’environnement, et qui répond aux attentes des consommateurs sur un niveau des hautes eaux pour ce secteur en pleine expansion. »
Dans la catégorie: À la une • Science et Environnement
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