Plaidoyer pour un Québec sans nucléaire
Pieuvre.ca
Alors que le sort de la centrale nucléaire de Gentilly-2 est toujours incertain, le Regroupement des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ) appelle plutôt Québec à abandonner intégralement cette filière énergétique, y compris les projet d’exploration et d’exploitation de l’uranium qui doivent voir le jour dans le cadre du Plan Nord. Pour compenser l’impact sur l’activité économique régionale, le Regroupement suggère que le gouvernement du Québec planifie la conversion économique de cette région et de sa voisine, la Mauricie, par des investissements significatifs dans des projets d’innovation et d’expertise dans le secteur de l’économie verte.
Si la province n’est pas dépendante de l’énergie nucléaire, explique le regroupement par voie de communiqué, la production de cette filière ne représentant, au maximum, que 1,91 pour cent de toute l’énergie produite au Québec, la réfection de la centrale mauricienne ferait passer ce total à 2,8 pour cent selon les estimations d’Hydro-Québec. Or, plaide le RNCREQ, cette augmentation n’est pas nécessaire dans un contexte de surplus énergétique.
De plus, les risques pour la santé humaine et l’environnement liés à la production de cette énergie sont des facteurs trop importants et difficiles à contrôler pour que l’on poursuive dans cette voie, assure-t-on. Le cycle de vie de l’énergie nucléaire, de l’extraction d’uranium à la gestion des déchets, comprend des risques pour la santé et l’environnement qui s’étendent sur des milliers d’années. « En outre, il en coûte et en coûtera encore très cher de s’acharner à maintenir en vie cette filière énergétique controversée au Québec. D’ailleurs, les coûts astronomiques et imprévisibles des travaux de rénovation de la centrale militent à eux seuls pour la fin de l’aventure », précise le regroupement.
Privilégier l’énergie renouvelable
Pour le directeur du RNCREQ, Philippe Bourke, « le Québec peut compter sur un éventail de possibilités pour remplacer la production énergétique de Gentilly-2, que ce soit par l’efficacité énergétique ou par le développement des énergies renouvelables. Cette conversion serait bien plus gagnante à long terme pour les régions touchées par la fermeture de la centrale et pour l’ensemble du Québec. Une telle décision serait d’autant plus significative, qu’elle s’inscrirait dans le cadre de l’Année internationale de l’énergie durable pour tous. » Évoquant les données d’un sondage récent réalisé par Léger-Marketing, il rappelle en outre que « 62 pour cent des Québécois souhaitent que le gouvernement du Québec privilégie la production d’énergies renouvelables ».
Démanteler en toute sécurité
Le RNCREQ et les Conseils régionaux de l’environnement prônent le démantèlement de la centrale avec un encadrement approprié. Le gouvernement du Québec doit non seulement planifier le plus rapidement possible la fin de l’aventure nucléaire, dit-on ─ pour ne pas en faire porter le fardeau financier sur les générations futures ─ mais il doit aussi garantir que les opérations seront menées selon les normes les plus strictes en matière de précaution et de sécurité pour la santé et l’environnement.
Il n’existe d’ailleurs actuellement aucune solution entièrement sécuritaire pour le traitementdes déchets nucléaires, souvent hautement radioactifs.
Dans la catégorie: Science et Environnement
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