La Grande-Bretagne pourrait bloquer la porno sur le web
Hugo Prévost
Nouvelle charge contre Internet et, dans une certaine mesure, la protection de la vie privée au Royaume-Uni; après l’annonce, plus tôt cette semaine, de l’émission d’un ordre de la Haute Cour britannique obligeant les principaux fournisseurs d’accès Internet à bloquer le site de téléchargement de fichiers Torrent The Pirate Bay, voilà que Downing Street s’apprêterait à sévir envers les sites web présentant des contenus pornographiques.
Selon le Times, une source au sein du gouvernement britannique a révélé que le premier ministre David Cameron annoncera prochainement une consultation des lois existantes en ce qui concerne la pornographie sur le web, incluant la possibilité que les internautes puissent décider de « s’abonner » à ce genre de contenu auprès de leur fournisseur d’accès.
Cette campagne pour bloquer le contenu pour adultes en ligne et forcer les internautes à exprimer directement leur désir d’accéder à de tels sites est menée par la député conservatrice Claire Perry, qui a reçu l’appui du tabloïd The Daily Mail. La démarche a tout d’abord été froidement accueillie par M. Cameron, et a fait l’objet de vives critiques de la part de groupes de défense des droits de la personnes et de membres de l’industrie.
En entrevue au Times, Mme Perry a déclaré : « Je ne me conduis pas comme une zélote dans ce dossier, je veux simplement les faits. Si nous pouvons voir que l’idée d’un accès « sur abonnement » est technologiquement difficile ou mauvaise pour l’économie, alors tant pis. Mais le problème avec ce débat est que nous avons besoin de connaître les faits. »
La députée a publié, le mois dernier, le rapport d’une enquête qu’elle a menée sur la question, nommant la chroniqueuse du tabloïd Sun « Dear Deidre » comme sa première intervenante.
Aux yeux de Mme Perry, bloquer ces sites Internet ne relève pas de la censure. « Il existe un mouvement « Ne touchez pas à notre Internet » qui voit tout changement dans la manière d’accéder au contenu comme de la censure, a-t-elle dit. Nous ne sommes pas prudes, mais nous croyons simplement que la méthode actuelle de blocage pour ce matériel ne fonctionne pas. »
Dans un éditorial vindicatif, le chroniquer Barry Collins du site Internet PC Pro s’en prend violemment à la députée et à son enquête intitulée Independent Parliamentary Inquiry into Online Child Protection – Enquête parlementaire indépendante sur la protection des enfants en ligne.
Soulignant le fait que la grandeur de la tâche est astronomique au vu du nombre de pages web existant sur Internet – « Google a arrêté de les compter après quelques centaines de milliards », écrit-il -, M. Collins s’insurge contre la vision de la députée, selon qui l’opposition des deux principaux fournisseurs d’accès semble idéologique, et non pas commerciale.
« Comme si être inquiet de l’aspect éthique de censurer les connexions de millions d’internautes britanniques est quelque chose de surfait », lance-t-il, ulcéré.
Le gouvernement Cameron avait déjà soulevé l’ire des groupes de défense des droits de la personne en annonçant, le 1er avril, qu’il préparait une technologie permettant de surveiller l’ensemble des télécommunications des citoyens britanniques, qu’il s’agisse de courriels, de navigation sur le web, de messages texte, ou encore d’appels téléphoniques.
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