La fête se poursuit aux Hots Docs

Claudia Hébert

Pieuvre.ca a son lot de bonnes et de mauvaise surprises, alors que s’enchaînent les films dans la Ville Reine dans le cadre du festival de documentaires Hot Docs.

Scène tirée du documentaire Only the Young

ONLY THE YOUNG
Elizabeth Mims, Jason Tippet, É.-U., 72 min

Trois adolescents, Kevin, Skye et Garrison, vivent dans une petite ville du sud des États-Unis où il n’y a rien a faire. Liés par une amitié indestructible, ils grandissent ensemble, voyageant sous nos yeux vers l’âge adulte.  Kevin se prépare à participer à sa première compétition de skateboard, brisant toutes ses planches, les unes après les autres, dans des tricks compliqués. Skye ne sait pas comment se battre pour qu’elle et son grand-père ne soient pas évincés de leur maison et attend avec impatience la sortie de prison de son père. Garrison sortait avec Skye, mais maintenant il aime bien Kirsten.

Au fil des mois, au fil des aventures du quotidien, ils cheminent vers une maturité nouvelle. Ne sont pas en lumière les drames de leur vie, mais plutôt leur personnalité, leurs relations entres eux, leurs premiers cœurs brisés, leurs constats sur le monde qui les entoure et ce qu’ils choisissent d’en faire. Malgré les piercing et la musique punk, ils sont chrétien avant tout. Malgré les embûches et les peurs, ils vibrent d’une jeunesse lumineuse et optimiste dont la pierre angulaire est leur amitié.

Pièce délicate sur l’adolescence, Only the young possède un charme indéniable, supporté par une cinématographie large et vibrante, par un humour contagieux et par des personnages attachants et charismatique. Intime et candide, Only the young est une belle surprise et une magnifique découverte qui pourrait très bien s’apprêter à prendre place parmi les meilleurs film sur le  passage à l’âge adulte.

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MY NAME IS FAITH

Tiffany Sudela-Junker, É.-U., 82 min.

Commotion, mercredi soir, dans l’intimité du lobby du cinéma Royal alors qu’était présenté en grande première mondiale le documentaire My Name is Faith, en présence de son producteur Adrian Grenier, Monsieur Entourage lui-même. Elles sont rares les vedettes dans le monde du documentaire, et si  l’an dernier Morgan Spurlock (Supersize me) avait amené un peu de glamour aux Hot Docs, la présence hier d’une vraie star d’Hollywood sur la modeste moquette faisant office de tapis rouge a su exciter la presse et le public présents lors de l’événement.

Malheureusement l’enchantement n’a pas su durer jusqu’à la fin de la projection, où une modeste foule  ne fut pas convaincue par les qualité du documentaire réalisé par une mère pleine de bonnes intentions et non pas par une cinéaste.

Tiffany Sudela-Junker et son mari ont adopté Faith il y a quelques années. Née d’une mère toxicomane, ayant passé ses premières années de vie dans un milieu violent et instable,  Faith a de gros problèmes comportementaux : peu avant son adoption, elle a trucidé les chats de sa mère biologique et se plaît maintenant à réveiller sa mère adoptive en promenant doucement la pointe d’un couteau sur ses avant bras… Menteuse, violente, agressive, Faith a besoin d’aide et la famille Junker  est bien décidé à sauver cette enfant qu’ils considèrent pleinement comme la leur. Trouvant un camp thérapeutique particulier pour les enfants avec de graves problèmes d’attachement, ils soutiendront leur fille adoptive à travers la guérison.  Très impliquée dans l’accessibilité du dit camp, Tiffany Sudela-Junker commencera à filmer le processus et de ce fait entamera un documentaire sur ces enfants portant déjà en eux un lourd bagage et aussi sur ces parents adoptifs qui sont au bout du rouleau, au bout de leurs ressources.

Malheureusement, même si le film est truffé de bons sentiments, cela reste l’œuvre d’une femme sans expérience cinématographique, sujette à sa propre subjectivité face au sujet, soutenue trop tard par une équipe de production qui lui permit de terminer et maintenant diffuser son projet. Un film très « américain» passant un peu à côté des vraies questions, supporté par une caméra sans grand intérêt,  qui préfère parfois se complaire dans les l’amour et l’espoir plutôt que d’observer les faits avec objectivité et rigueur.

Dans la catégorie: CulturelFestivalHot Docs 2012

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