Yann Tiersen charme le Métropolis
Xavier Proulx
L’auteur-compositeur-interprète Yann Tiersen se produisait avec son groupe au Métropolis mardi soir. Un concert attendu, efficace et sans anicroche qui aura bercé les spectateurs tout au long d’envolées musicales grandioses. Notre compte-rendu.
Pour la plupart des mélomanes, Yann Tiersen est l’individu qui a composé la musique du film Amélie Poulain. On pense tout de suite à de douces rêveries au piano, mais la composition de cette bande sonore était pourtant un passage bien marginal dans le parcours du musicien. En effet, le « vrai » Yann Tiersen de concert est bel et bien une figure phare du mouvement français électro, le fameux french touch. Dans son cas, l’influence se situe davantage du coté du shoegaze. Pensons entre autres à My Bloody Valentine mélangé aux bidouillages électroniques de leur compatriote M83. Et la foule, très francophile, aura bien rendu son accueil au multi instrumentiste venu de Brest. « Ils ont des tonneaux ronds, vive la Bretagne » pouvait-on entendre chanter humoristiquement entre les pièces. C’est dire.
Ainsi donc, le Métropolis de Montréal planait en grande pompe hier soir. C’était une musique de rêve, une musique où l’on se dit que tout ne pourra que bien aller. Un générique de film qui finit bien.
Pendant ses hypnotisantes envolées lyriques de Minimoog, Tiersen aura ébloui la foule avec son violon de scène, allant jusqu’à pratiquement déchiqueter son archet. Alternant donc entre la guitare, le synthétiseur et le violon, il semble pourvu d’un talent musical sans borne. Et le son grandiose, subtil – chaque instrument, claviers, guitare, violon, xylophone, percussion avait sa place dans la composition – aura porté son fruit. Les couples se berçaient, sous l’œil protecteur d’une foule aux âges clairsemés. Défendant avec vigueur son nouvel album, Skyline, certaines pièces auront volé la vedette. Pensons à la majestueuse Monuments et sa finale jouée au Moog, ou alors l’album Dust Lane qui n’était pas en reste avec les pièces Palestine et Fuck Me chantées au vocoder.
La formation française s’inscrit donc dans une cuvée d’électro-pop française de grande qualité, aux côtés de M83, Justice et Air. Le mélange d’acoustique et d’électro rend le travail unique en son genre. Malheureusement, la composition des pièces suit toutefois une trame souvent trop standardisée, prisonnière de la même recette. Cet état de fait était illustré en concert puisque certaines longueurs étaient perceptibles durant les multiples introductions musicales. Le climax de chaque pièce est beau à rêver, mais à quoi bon s’il se produit toujours de la même manière d’une chanson à l’autre?
Yann Tiersen et sa bande produisent donc un matériel dense, exploratoire, qui doit mériter une oreille attentive puisqu’il est souvent le fruit d’innombrables collaborations. On peut dire que le pari du concert est réussi haut la main. Ce mélange entre l’acoustique – la guitare – et l’électronique, le Moog, a décidément du bon.
Le groupe d’ouverture, Felix, mérite quant à lui une mention toute spéciale. À la frontière entre les influences de Feist et d’Angus & Julia Stone, le trio formé de Lucinda Chua, Chris Summerlin et Elv Beetham aura fait taire le parterre du Métropolis par son influence folk, mais tout de même accompagné de piano synthétique. Une bonne surprise, alors que la frêle et charmante Elv Beetham défendait ses compositions en toute élégance, le sourire coquin caché derrière son piano.
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Bonjour, juste une petite information: est-ce que M.Tiersen a interprété au moins une de ses pièces au piano soit d’Amélie ou autre ?
Merci beaucoup
Anick