Le Québec artistique et intellectuel se range du côté des étudiants

Hugo Prévost

C’était jour de revendications sociales, mardi 1er mai, Journée internationale des travailleurs. À Montréal, plus d’une centaine d’artistes, de créateurs et de citoyens québécois ont dévoilé le texte d’une lettre adressée au gouvernement libéral dans le cadre du conflit qui oppose toujours l’État à près de 175 000 étudiants. Ces personnalités disent également se dresser devant une vision de l’État au sein de laquelle ils ne se reconnaissent pas et appellent à la poursuite d’un « printemps québécois ».

Des étudiants prenant part à la manifestation organisée le 22 mars dernier. Photo : Frédéric Faddoul

Selon les auteurs et les signataires de la lettre reprise dans de nombreux médias et sur Internet, le conflit actuel entre le gouvernement et les étudiants va au-delà des chiffres et des tarifs; pour eux, il s’agit plutôt d’abord d’un conflit de valeurs et de visions, et donc de société.

« D’un côté, on s’entête à imposer des politiques sociales, économiques et environnementales régressives; de l’autre, une jeunesse nouvelle se lève, se rassemble et marche au nom de ses idéaux : la justice sociale, la solidarité et le respect. Ce cri de la jeunesse, qui nous pousse à rompre avec l’immobilisme, à recouvrer notre capacité collective d’agir et à travailler pour le bien commun, nous l’entendons », plaide les auteurs.

Interprétant la détermination du gouvernement libéral d’imposer des hausses de frais de scolarité de 75 pour cent sur cinq ans pour les études postsecondaires comme un symptôme de dysfonctionnement de la société québécoise, les auteurs se disent persuadés que la grève étudiante n’est que la pointe d’un mouvement plus large concernant la gouverne sociale.

Affirmant rejeter un modèle qui « sabote nos services publics, notamment par une gestion douteuse des ressources du système d’éducation et de notre système de santé », les auteurs et signataires de cette lettre se rangent plutôt du côté des étudiants « et les idéaux qui l’inspirent ». À leurs yeux, l’éducation engendre ainsi la richesse, et il est impératif d’investir massivement dans l’éducation, « cette garantie de survivance ».

Ils demandent par ailleurs au gouvernement d’instaurer un moratoire sur la hausse des frais de scolarité et la tenue d’États généraux sur l’éducation supérieure. À défaut de quoi, disent-ils, il faudra déclencher des élections.

Cette sortie publique d’une bonne partie des milieux intellectuel et artistique québécois – on retrouve entre autres les noms d’Alexis Martin, Laure Waridel, Ariane Moffat, Andrée Lachapelle, Denis Villeneuve, Christian Vanasse, Jean Barbe, Lise Payette, Philippe Falardeau, Robin Aubert et Yann Perreau dans la liste des auteurs ou des signataires – s’inscrit dans la foulée de revendications semblables de la part d’autres groupes de personnalités québécois, ainsi que de certains professeurs des niveaux collégial et universitaire.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) présenteront d’ailleurs mardi après-midi à Montréal une contre-offre à l’ »offre globale » dévoilée la semaine dernière pour tenter de mettre fin au conflit étudiant.

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