41 000 commentaires contre un oléoduc au Québec

Pieuvre.ca

L’opposition à un important projet d’oléoduc dans l’est du Canada continue de se faire entendre. L’organisme Équiterre a indiqué plus tôt cette semaine que l’Office national de l’énergie (ONÉ) avait reçu 41 000 commentaires de citoyens opposés à un projet d’Enbridge qui ferait transiter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusque dans l’État du Maine, en passant par l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre.

Ces commentaires ont été envoyés par le public dans le cadre de la période de réception des commentaires relatifs aux changements proposés aux pipelines. À l’origine, ces pipelines ont été construits pour transporter du pétrole conventionnel, explique Équiterre.

Il est maintenant proposé d’y faire circuler du pétrole brut des sables bitumineux, un pétrole plus lourd, plus chaud et plus abrasif, ce qui risque d’augmenter les risques de fuite selon de nombreux observateurs. Enbridge veut également augmenter la pression à l’intérieur du pipeline, afin de faire circuler le pétrole plus rapidement, ce qui constitue une autre source d’inquiétude pour Équiterre.

« Des milliers de citoyens canadiens et américains sont inquiets et ils se sont exprimés, a déclaré Gillian McEachern, directrice générale adjointe chez Environmental Defence. Ils craignent, avec raison, les conséquences qu’auraient un déversement de pétrole sur les lacs, les rivières et les nappes phréatiques. »

Ces craintes sont fondées, ajoute Mme McEachern. En 2010 au Michigan, un pipeline de cette même entreprise – Enbridge – s’est brisé et trois millions de litres d’huile se sont échappés. Une rivière a été fortement polluée et le gouvernement de l’État a répertorié des effets importants sur la santé.

« Le pétrole des sables bitumineux est un pétrole sale, a poursuivi Mme McEachern, mais cela n’empêche pas Enbridge de vouloir en faire circuler de plus en plus. Les citoyens de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Angleterre veulent se faire entendre. Il ne faut pas laisser nos choix énergétiques et l’avenir de nos cours d’eau uniquement entre les mains des puissantes entreprises du secteur pétrolier. »

Voilà pourquoi, indique Équiterre par voie de communiqué, une coalition de 11 organisations a présenté ces commentaires sur les dangers de ce projet pour l’environnement et pour la santé publique. Enbridge propose de modifier son vieux pipeline – âgé de 62 ans – pour que le pétrole circule de Sarnia vers un terminal situé près d’Hamilton. À l’heure actuelle, le pétrole conventionnel coule vers l’ouest. Enbridge veut inverser la direction, ce qui risque de faire augmenter en Ontario l’apport de pétrole extrait des sables bitumineux, soutient l’organisme environnemental.

« Les gens ont le droit d’être bien informés avant qu’on fasse circuler du pétrole des sables bitumineux dans leur cour arrière », déclare Danielle Droitsch de l’organisme américain Natural Resource Defence Council. « Nous savons que l’exploitation des sables bitumineux détruit la forêt boréale et que cette industrie polluante libère dans l’atmosphère d’immenses quantités de carbone qui accélèrent les changements climatiques. Nous avons aussi vu que les bris de pipeline dans la région des Grands Lacs ont eu des conséquences néfastes sur l’eau et sur la santé humaine. C’est pour cela que tant de gens s’inquiètent. »

Les organisations environnementales craignent que cette proposition d’Enbridge soit un premier pas pour relancer le projet de pipeline Trailbreaker. Ce pipeline transporterait le pétrole des sables bitumineux d’Alberta jusque dans l’État du Maine, en passant par l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Angleterre. Une fois au Maine, il serait chargé sur des pétroliers puis acheminé vers des raffineries de la Côté-Est ou outremer.

Dans la catégorie: Science et Environnement

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Commentaires (1)

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  1. Jean Binette dit :

    L’inversion d’un pipeline d’Enbridge entre Sarnia et Westhover en Ontario est le début du processus du projet Trailbreaker qui devrait se poursuivre jusqu’à Montréal. Par la suite on voudra inverser le pipeline Portland-Montréal afin d’envoyer le pétrole des sables bitumineux vers la côte est des États-Unis. Dans cet article on parle d’un pipeline de 62 ans appartenant à Enbridge, alors que c’est le pipeline de 18 pouces entre Montréal et Portland qui appartient à la compagnie Pipe-lines Montréal ltée qui a 62 ans. PLML a déjà déposé un projet d’inversion en 2009 au gouvernement du Québec, avec en plus, l’ajout d’une station de pompage à Dunham. Un citoyen de Dunham a stoppé ce projet en contestant l’emplacement de la station de pompage sur un terrain zoné agricole. PLML devra retourner à la Commission pour la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) afin de prouver que la station de pompage ne pourrait être localisé ailleurs que sur ce terrain. Nous, du Comité pour l’environnement de Dunham s’opposons à ce qu’une station de pompage soit installé dans sur un tel terrain.
    Jean Binette, prés. du Comité pour l’environnement de Dunham

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