Terres rares : une fortune dormirait dans le sol de l’Alberta
Pieuvre.ca
Le Canada posséderait, au sein des importants dépôts de sables bitumineux albertains, d’importantes réserves de terres rares. Ces éléments, formant une série de 17 métaux aux propriétés chimiques similaires, valent une petite fortune, puisqu’ils sont utilisés dans la fabrication de divers gadgets électroniques pour lesquels la demande mondiale est sans cesse grandissante. Si la Chine possède actuellement le quasi-monopole sur l’exploitation et la commercialisation de ces terres rares, la Chambre du commerce du Canada estime que le Canada pourrait bien réussir à tirer son épingle du jeu.
Dans un rapport intitulé Les dépôts d’éléments des terres du Canada peuvent offrir un avantage concurrentiel important publié jeudi, l’organisme à vocation économique y détaille ainsi les perspectives de développement favorables pour le pays, et plus spécialement pour une province déjà riche en ressources énergétiques.
La chambre de commerce explique ainsi que les terres rares se retrouvent dans les véhicules hybrides et électriques, les éclairages fluorescents, les écrans au plasma, les ordinateurs portables, les appareils électroniques portatifs, les génératrices éoliennes ainsi que les instruments optiques et médicaux. Plusieurs de ces éléments jouent un rôle essentiel dans la fabrication de convertisseurs catalytiques pour le contrôle de la pollution due aux véhicules automobiles ainsi que le craquage catalytique du fluide pétrolier, ajoute-t-on, avant d’indiquer qu’ils sont utilisés également dans une vaste gamme d’applications de défense, dont certaines sont cruciales pour la sécurité nationale des États et concourent à la mise au point d’armes à guidage de précision (bombes intelligentes et missiles), de lasers, de satellites de communication, de moteurs d’avions de combat à réaction et de systèmes de radiodétection.
« Le Canada possède 500 000 tonnes d’éléments des terres rares dans ses dépôts de schiste noir (Alberta Black Shale Project), dont la valeur est évaluée à 206 milliards $. De plus, de nombreuses autres mines réparties aux quatre coins du pays montrent un potentiel important », affirme Perrin Beatty, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada. « Nous sommes privilégiés de posséder de tels trésors dans nos sols et nous avons une possibilité exceptionnelle de transformation de la richesse de nos ressources en un avantage concurrentiel indéniable. »
« Après s’être investie d’une mission visant à devenir une superpuissance mondiale de la production d’éléments des terres rares, la Chine a désormais la mainmise sur 97,3 pour cent du total de la production mondiale », précise la chambre. Au cours des dernières années, elle a haussé ses droits d’exportation tout en réduisant ses quotas d’exportation sur certains éléments des terres rares. Dans cette foulée, les États-Unis, le Japon et l’Union européenne ont déposé une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce plus tôt cette année. Les acteurs du G20 participent également de façon active à ce débat.
« Puisque les Japonais, les Américains et les Européens cherchent maintenant des façons de contrer le monopole chinois, le Canada occupe une position fort enviable », ajoute M. Beatty.
Dans la catégorie: Politique et Économie
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