Le secteur automobile se porte mieux au Canada, mais l’Europe menace les marchés

Pieuvre.ca

Le Canada perd des plumes sur la scène économique, alors que son statut d’important producteur de pièces automobiles est sapé par divers pays suite à la crise économique. Cette annonce s’inscrit pourtant dans un contexte d’amélioration des ventes mondiales de véhicules et, même, d’un secteur canadien de production de pièces plus robuste.

Selon Rapports économiques Banque Scotia, les expéditions du secteur canadien des pièces ont connu une croissance à deux chiffres d’une année sur l’autre au cours des premiers mois de 2012, portant leur volume à une valeur annualisée de 20 milliards $, soit le niveau le plus élevé depuis le début de 2008, avant la crise économique mondiale

Le nombre d’emplois et la rentabilité s’améliorent aussi : la masse salariale du secteur a gagné trois pour cent comparativement à l’an dernier et huit pour cent, depuis le creux du cycle industriel au milieu de 2009. Cette embellie, explique l’organisme à vocation économique, témoigne de la reprise de la production de véhicules dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, laquelle est alimentée par une forte demande des parcs commerciaux et des ménages et représente une tendance qui devrait soutenir le secteur pendant plusieurs années.

Cette vitalité économique est cependant insuffisante pour contrer la progression d’autres pays dans le domaine de la production de pièces automobiles : « Pas plus tard qu’en 2007, le Canada était le sixième exportateur de pièces d’automobile en importance au monde », rappelle Carlos Gomes, économiste principal et spécialiste du secteur automobile, Études économiques Scotia.

« Pendant la crise économique mondiale, le Canada a été devancé par l’Espagne, la Corée et la Chine, mais a réussi à rester dans le groupe des 10 principaux producteurs au monde. Toutefois, l’insuffisance de ses exportations vers les marchés émergents les plus dynamiques a permis à la République tchèque de le devancer l’an dernier. »

« Malgré une évolution positive, le secteur canadien des pièces d’automobile a perdu des parts de marché dans le monde et il cherche toujours une stratégie qui lui ferait profiter de la croissance rapide observée à l’extérieur des marchés nord-américains et européens qui sont arrivés à maturité, explique M. Gomes. « Les exportations canadiennes de pièces d’automobile sont toujours de 30 pour cent inférieures au sommet du cycle précédent en 2007, soit la pire performance parmi les 20 principaux pays exportateurs de pièces d’automobile. »

Les ventes de véhicules continuent quant à elles d’augmenter dans le monde, explique Rapports économiques Banque Scotia par voie de communiqué : elles ont gagné six pour cent en mars par rapport à l’année précédente et près de cinq pour cent, au cours du premier trimestre. Cette accélération comparativement aux derniers mois de 2011 montre que la demande mondiale s’est renforcée au début de 2012 même si les ventes ont continué de fléchir en Europe de l’Ouest, conclut la note d’information.

Dans la catégorie: Politique et Économie

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