Lutte contre l’obésité – Appel à la réduction de la disponibilité des boissons sucrées

Hugo Prévost

C’est sûr les méthodes de distribution et de mise en vente des boissons gazeuses et sucrées que s’est penchée la Coalition Poids dans le cadre du troisième volet de son étude Les dessous du marketing des boissons sucrées, publié mardi. Le regroupement recommande ainsi, à la lumière des faits constatés dans le cadre de cette partie de l’étude, que les décideurs de l’industrie et de tous les paliers gouvernementaux de limiter la disponibilité, la visibilité et l’attrait de ces breuvages, surtout dans les lieux fréquentés par les jeunes.

Rappelant que la consommation de ces boissons est liée à d’importants problèmes de santé et d’obésité chez diverses tranches de la population, et particulièrement chez les jeunes, la Coalition laisse entendre que les commerces de détail pourraient revoir leur politique d’étalage pour limiter l’exposition des enfants et des adolescents aux boissons sucrées. Les restaurateurs, et plus particulièrement les chaînes de restauration rapide, pourraient proposer systématiquement et mettre en valeur les breuvages plus nutritifs (eau, lait, jus de fruit 100 pour cent pur) plutôt que les boissons sucrées.

Se tournant vers les États-Unis, la note d’information de la coalition indique qu’en 2006, les compagnies alimentaires ont dépensé 195 millions $ US pour cibler les enfants et les adolescents dans les points de vente1. Selon l’analyse de la Coalition Poids, le positionnement en magasin et la publicité sur les lieux de vente sont utilisés pour solliciter les jeunes.

Tous ne sont cependant pas à blâmer, précise-t-on, puisque certaines municipalités ont déjà commencé à limiter la distribution de boissons sucrées dans les établissements municipaux fréquentés par les jeunes (arénas, centres communautaires, etc.). D’autres sont même allées jusqu’à interdire la vente de boissons énergisantes dans leurs établissements. Les gouvernements provinciaux et fédéral peuvent quant à eux interdire la vente de boissons sucrées dans les édifices sous leur juridiction et principalement ceux fréquentés par les jeunes (hôpitaux, écoles, parcs, etc.), souligne la coalition.

L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) a d’ailleurs abondé dans le même sens, joignant a voix aux différentes recommandations qui y sont proposées, notamment en ce qui a trait à l’interdiction de vendre des boissons énergisantes aux mineurs.

Dû à leur teneur en caféine, les boissons énergisantes présentent un risque pour la santé, soutient l’ASPQ. Elles ne devraient donc pas être considérées comme des aliments inoffensifs que l’on peut consommer à volonté, tel que peut le laisser croire leur large distribution et toute la mise en marché qui les entoure. « Selon le poids corporel de l’enfant, une seule boisson énergisante peut contenir une quantité de caféine supérieure à la dose quotidienne maximale recommandée, et cela, sans compter les autres sources de caféine qui ont pu être consommées dans la journée », précise Émilie Dansereau-Trahan, chargée de dossiers à l’ASPQ.

De ce fait, l’ASPQ appuie la recommandation de la Coalition Poids visant l’interdiction de vendre des boissons énergisantes aux moins de 18 ans. « En attendant qu’une telle règlementation soit mise en place, il serait souhaitable que Santé Canada diminue la teneur en caféine maximale autorisée dans ces produits et exige qu’il soit clairement indiqué sur l’emballage que les boissons énergisantes sont déconseillées aux moins de 18 ans », propose-t-elle.

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