Discussion nationale sur les sites d’injection supervisée
Pieuvre.ca
Des leaders d’opinion et des professionnels de la santé se sont réunis jeudi pour amorcer un dialogue national sur l’avenir des services d’injection supervisée au Canada, dans le cadre du 21e Congrès canadien annuel de recherche sur le VIH/SIDA, qui avait lieu à Montréal. L’événement a été présenté comme l’amorce d’un dialogue dans le contexte d’un échange de connaissances sur l’intégration des services d’injection supervisée dans les soins de santé et dans la communauté.
Selon les organismes Cactus Montréal, la Coalition canadienne des politiques sur les drogues et la Dr. Peter AIDS Foundation, ce rassemblement a lieu suite à la décision de la Cour suprême du Canada d’autoriser le maintien des activités d’Insite, le site d’injection supervisée de Vancouver ayant fait l’objet d’une bataille juridique avec le gouvernement fédéral.
Après la décision favorable de la plus haute cour du pays, les trois organismes soutiennent que d’autres communautés canadiennes ont commencé à se pencher sur les façons d’intégrer les services d’injection supervisée aux services de soins de santé. Les conférenciers présents à l’événement, jeudi, auraient ainsi discuté des leçons à tirer de l’expérience de Vancouver et d’autres communautés à travers le monde.
« Dans certains pays d’Europe, des services d’injection supervisée sont intégrés aux services en santé mentale et en toxicomanie depuis plus de 25 ans. Et les résultats sont positifs pour les personnes aux prises avec de graves problèmes de dépendance, mais aussi pour les communautés locales. C’est évident que l’expérience canadienne confirme l’hypothèse que l’injection supervisée joue un rôle crucial dans l’amélioration globale de la santé et de la sécurité publique », a déclaré Donald MacPherson, directeur de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues et coorganisateur de l’événement.
« Un des éléments clés de la décision de la Cour Suprême réside dans sa reconnaissance de l’accès aux services de santé spécifiquement conçus pour rejoindre les personnes toxicomanes utilisatrices de drogues injectables (UDI). De ce fait, le plus haut tribunal du pays reconnaissait le travail essentiel et nécessaire des organismes communautaires vers lesquels se retournent les UDI », a pour sa part affirmé Louis Letellier de St. Just, avocat et membre fondateur de CACTUS Montréal, aussi organisateur de l’événement.
Maxine Davis, directrice générale d’un autre organisme organisateur, la Dr. Peter AIDS Foundation, était aussi à Montréal pour parler de son expérience au Dr. Peter Centre de Vancouver. Il y a dix ans, explique-t-elle, les services d’injection supervisée ont été intégrés à l’éventail de services de santé liés au VIH/SIDA offerts par le Centre. « Les infirmières y supervisent des injections depuis 10 ans. Ce service fait tout simplement partie de la pratique infirmière. La Cour Suprême a confirmé que superviser des injections est un service de santé. Maintenant, il faut que les leaders dans le domaine de la santé fassent en sorte que les infirmières puissent faire leur travail. Aussi faut-il que ces deux piliers du soutien aux citoyens que sont les corps policiers et infirmiers travaillent ensemble pour assumer leurs responsabilités professionnelles », a soutenu madame Davis.
Sur la scène québécoise, le ministre de la Santé Yves Bolduc a finalement donné son accord à l’implantation de sites d’injection supervisée sur le territoire provincial, après avoir attendu le jugement de la Cour suprême. La Ville de Montréal, où l’on retrouve le plus grand nombre d’utilisateurs de drogues injectables, menait récemment des consultations pour intégrer ces services dans les hôpitaux et les cliniques de l’ensemble de la métropole, plutôt que simplement au centre-ville, où les besoins sont les plus criants.
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