La ponte des oeufs a signé l’arrêt de mort des dinosaures

Pieuvre.ca

Le fait de se reproduire en pondant des oeufs aurait été l’un des facteurs menant à l’extinction des dinosaures, leur imposant un important désavantage face aux mammifères vivipares. Il s’agit d’ailleurs du sujet d’une étude mené par Daryl Codron et Marcus Clauss de l’Université de Zurich, en Suisse, accompagnés de collègues de la Société zoologique de Londres, dont ls conclusions ont été publiées dans la revue Biology Letters.

Parmi les découvertes effectuées par les chercheurs, on retrouve la question de la taille : en effet, la structure même de l’oeuf limite sa taille, puisque celui-ci est formé d’une coquille protectrice à travers laquelle doit circuler l’oxygène. Éventuellement, l’oeuf (et l’embryon à l’intérieur) ne peuvent pas croître davantage, ce qui donnait lieu à des naissances de bébés dinosaures au poids environ 2500 moindre que celui de leurs mères, en fonction de l’espèce. Chez les éléphants, par exemple, le bébé sera « seulement » 22 fois plus léger.

Cet inconvénient forçait ainsi les bébés à vivre plus longtemps à l’extérieur, ce qui limite leur capacité de se développer pendant leur croissance dans l’oeuf. Le tout représente un déficit de capacité d’adaptation et d’évolution. Un facteur semblable est d’ailleurs utilisé pour expliquer la dominance des animaux portant en eux leur progéniture pendant plus longtemps, comparativement aux marsupiaux, dont les enfants vivent plutôt dans une poche après leur naissance.

Comme si ce facteur n’était pas suffisant, les jeunes dinosaures n’occupaient pas non plus les mêmes niches écologiques que leurs parents, à l’inverse des jeunes mammifères qui sont plus souvent qu’autrement allaités par leurs mères.

Selon la Dre Codron, cette omniprésence des dinosaures dans de nombreuses niches écologiques avait un impact important sur la diversité : « Le consensus parmi les chercheurs est que les animaux de taille spécifique occupent des niches particulières. Dans le cas des dinosaures, cela voudrait dire qu’une seule espèce occupait la majorité des niches écologiques, tandis que les mammifères occupaient ces mêmes niches à l’aide de multiples espèces de diverses tailles. »

Cette omniprésence des dinosaures aurait réduit le nombre d’espèces, puisque de nombreuses niches écologiques étaient occupées par les petits des dinosaures de grande taille. Cela aurait mené à la quasi-extinction des dinosaures de petite taille, qui devaient non seulement faire compétition aux « enfants » des mastodontes, mais également aux mammifères. D’autres espèces de petits dinosaures, disposant d’une meilleure faculté d’adaptation, auraient évolué pour occuper de nouvelles niches. Selon la Dre Codron, « à l’époque, ceux-ci ont dû apprendre à voler et devenir des oiseaux ».

Si les dinosaures géants ont régné sur la Terre pendant 150 millions d’années, la dernière grande extinction aura signifié la fin de l’ère des reptiles géants, puisque l’absence de dinosaures de taille moyenne représenta un défi insurmontable pour ces animaux. Selon les connaissances actuelles, tous les animaux possédant un poids variant entre 10 et 25 kilos ont été exterminés lors de cet événement cataclysmique. Les mammifères possédaient toutefois plusieurs espèces de moins grande taille, à partir desquelles des espèces plus grandes ont pu se développer après la catastrophe, afin d’occuper les niches écologiques laissées vacantes. Les dinosaures, cependant, ne possédaient pas ces espèces qui leur auraient permis de reprendre la place qu’ils ont occupé pendant si longtemps. Ce fut la fin de ces monstres préhistoriques.

Dans la catégorie: Science et Technologie

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