Gaz de schiste : la mobilisation est toujours forte au Québec, soutient l’AQLPA

Hugo PRÉVOST

Les nouvelles sont bonnes pour l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) dans le cadre de sa lutte contre l’exploitation des gaz de schiste dans la province. L’association a ainsi annoncé mardi se réjouir du dépôt de 30 000 lettres de citoyens qui informent le gouvernement du Québec de leur décision d’interdire l’accès à l’industrie gazière sur leur propriété.

Pour l’AQLPA, ce geste représente une étape de plus dans la contestation généralisée de l’empiètement des compagnies gazières sur le territoire québécois, alors que les milieux environnementaux continuent de se mobiliser contre l’extraction de cette ressource naturelle pendant que l’évaluation environnementale d’un tel projet pan-québécois se poursuit.

« Rappelons qu’en vertu des articles 65, 170 et 235 de la Loi sur les mines du Québec, une entente à l’amiable avant toute activité d’exploration doit être établie entre le propriétaire et la compagnie », soutient l’association. En exprimant clairement leur refus de négocier, l’AQLPA affirme ainsi que les citoyens bloquent pratiquement les activités des sociétés gazières en plus de démontrer de manière éclatante la position d’une grande majorité de citoyens.

« Il est évident qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour les gaz de schiste au Québec comme le demande la Loi sur le développement durable avant d’autoriser tout projet industriel », tranche André Bélisle, président de l’AQLPA.

L’AQLPA rappelle que les rapports scientifiques ne cessent de s’accumuler et sont déjà suffisamment concluants pour qu’on rejette la filière du gaz de schiste au Québec.

C’est également mardi que l’Agence de protection environnementale des États-Unis (EPA) doit annoncer la première règlementation nationale pour s’attaquer aux problèmes de pollution de l’air (émanations, smog et émissions de méthane) en provenance des sites d’exploitation du gaz de schistes, rappelle l’organisme environnemental.

L’AQLPA participe activement depuis 2009 dans ce dossier afin d’obtenir un vrai moratoire et plus de transparence sur cette filière controversée. « Les rapports scientifiques et économiques, les rapports ministériels tant des États-Unis qu’ailleurs dans le monde sont déjà suffisamment concluants pour qu’on cesse de dépenser l’argent public pour ce projet insensé », affirme-t-on par voie de communiqué. L’AQLPA dit par ailleurs constater avec enthousiasme la force et la vigueur dont font preuve les mouvements citoyens et continue à les appuyer dans leurs démarches.

Alors que les États-Unis pourraient, à terme, envisager de réduire l’exploitation des gaz de schiste sur leur territoire en raison des résultats d’études dévastateurs sur les impacts négatifs de l’extraction de cette ressource, d’autres pays, comme la Pologne, ont décidé d’investir massivement dans ce secteur. À l’opposé du spectre, la France a interdit, l’an dernier, la pratique de la technique de fracturation hydraulique sur l’ensemble de son territoire, ce qui vient essentiellement menotter l’industrie dans l’Hexagone.

Dans la catégorie: À la uneScience et Environnement

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