Un nouveau facteur de risque pour l’Alzheimer est découvert

Pieuvre.ca

Deux récentes recherches, menées par une équipe de plus de 80 chercheurs de partout sur la planète, rattachés à 71 institutions dans huit pays, permettront de faire progresser les connaissances entourant les composantes génétiques de la maladie d’Alzheimer et du développement du cerveau. Les deux études, publiées récemment dans la revue Nature Genetics, dévoilent ainsi de nouveaux secrets de l’organe certainement le plus mystérieux du corps humain.

La première étude, basée sur l’analyse de la structure génétique de plus de 9000 individus, a révélé que certaines versions de quatre gènes spécifiques pourraient accélérer le rétrécissement d’une région du cerveau impliquée dans la création de nouveaux souvenirs. Cette région, appelée l’hippocampe, rétrécit normalement avec l’âge, mais si ce processus s’accélère, cela pourrait augmenter la vulnérabilité à la maladie d’Alzheimer, porte à croire le rapport.

La seconde étude, quant à elle, identifie deux gènes associés au volume intracrânien, soit l’espace occupé dans le crâne par le cerveau lorsque celui-ci est pleinement développé, soit vers l’âge de 20 ans chez un individu.

En ce qui concerne l’Alzheimer, les chercheurs ont spécifiquement tenu à préciser que les variances génétiques découvertes ne causaient pas la terrible maladie dégénérative, mais pourraient plutôt priver l’hippocampe d’une certaine « défense » contre la maladie, qui cause une destruction cellulaire et force un important rétrécissement de cette zone primordiale du cerveau.

Les scientifiques ont ainsi calculé que le rétrécissement de l’hippocampe chez les gens possédant cette variation génétique s’accélérait d’environ quatre ans en moyenne. Le risque d’attraper la maladie double à tous les cinq ans à partir de 65 ans; une personne de cette âge serait donc ainsi approximativement deux fois plus à risque si elle possédait cette version des gènes.

Selon le neurologue Charles DeCarli, de l’Université de Californie à Davis qui a co-dirigé les études, il s’agit définitivement d’un cas de « le plus gros est le mieux. »

« Nous savons déjà que la maladie d’Alzheimer cause la majorité de ses dégâts en faisant rétrécir l’hippocampe. Si une personne perd une plus grande portion de son volume par rapport à la moyenne en raison des variations génétiques que nous avons identifiées, l’hippocampe sera plus vulnérable à la maladie. »

Il n’existe d’ailleurs toujours pas d’explication à la réduction normale de l’hippocampe avec l’âge. La nouvelle recherche démontre que les gènes les plus fortement liés au rétrécissement sont impliqués dans la maturation de l’hippocampe et lors de l’apoptose – ou la mort cellulaire programmée -, un processus continu lors duquel les plus vieilles cellules cessent de fonctionner.

Du côté de la croissance du cerveau lors de l’enfance et de l’adolescence, les chercheurs croient que des marqueurs génétiques ont aussi une influence, au-delà du bagage hérité des parents. Car si la loterie génétique survenant lors de la conception a beaucoup à voir dans la taille qu’aura le cerveau d’un enfant, certaines sections de chromosomes et de gènes ont ainsi été clairement identifiées comme ayant un impact spécifique sur le volume du cerveau.

« Nous savons, par exemple, que l’un de ces gènes a joué un rôle évolutionnaire unique dans le développement humain, et que nous sélectionnons peut-être ce gène en tant qu’espèce pour obtenir de nouveaux développements en termes de croissance du cerveau », a expliqué le Dr DeCarli.

Dans la catégorie: Science et Technologie

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