Gestion universitaire : l’ouverture durera-t-elle ?
Hugo PRÉVOST
Y aurait-il une lueur d’espoir au coeur du conflit entourant la hausse des frais de scolarité? La proposition de la Fédération étudiante universitaire du Québec visant à créer une commission d’examen de la gestion des universités, dévoilée samedi, semble certainement avoir permis de faire progresser les choses, autant chez les étudiants qu’au gouvernement, après des semaines de blocage.
Cette proposition, qui suppose la création d’un organisme indépendant relevant du ministère de l’Éducation pour affiner les pratiques financières et la gestion des institutions universitaires de la province, a trouvé écho chez la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp. Dimanche, celle-ci a déclaré, lors d’une conférence de presse annoncée 30 minutes seulement avant son début, être en accord avec la proposition, et qu’elle désirait en discuter avec les responsables de la FEUQ et de la FECQ, l’équivalent collégial de la fédération étudiante universitaire.
Cette ouverture de part et d’autre a suscité des commentaires positifs de la part de plusieurs acteurs reliés de près ou de loin au bras de fer politico-éducatif. C’est entre autres le cas de l’Alliance sociale, un regroupement de sept syndicats comprenant la Centrale des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Cette association syndicale a dit saluer l’initiative de la ministre Line Beauchamp de mettre en place une commission indépendante et permanente pour une saine gestion des universités. Les membres de l’Alliance sociale estiment toutefois que la question des droits de scolarité devra impérativement être abordée au sein de cette commission spéciale, une avenue que la ministre a résolument refusé d’emprunter.
« Pour les organisations syndicales membres de l’Alliance sociale, la question d’une meilleure gestion des universités est fort importante, mais celle de la diminution de l’endettement des étudiantes et des étudiants ainsi qu’une analyse de l’impact de la hausse des droits de scolarité sur l’accessibilité aux études le sont tout autant », mentionnent les syndicats par voie de communiqué.
L’Alliance considère aussi que toutes les associations étudiantes doivent y être conviées, y compris l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), et que les organisations syndicales représentant des enseignantes, des enseignants, des chargé(e)s de cours et du personnel de soutien devraient elles aussi être associées aux travaux de cette commission.
La CLASSE n’a en effet pas été invitée à participer aux discussions, ce qu’elle s’est empressé de dénoncer par voie de communiqué, lundi. « Comment la ministre ose-t-elle exclure du dialogue l’organisation principale de la grève étudiante? Le conflit ne se règlera pas si la CLASSE ne fait pas partie de la solution. En nous excluant, la ministre refuse de dialoguer avec près de la moitié des grévistes », déclare Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte parole de la coalition, rappelant que la CLASSE regroupe actuellement 47 pour cent des grévistes, ce qui en fait le plus grand regroupement d’étudiants et d’étudiantes en grève au Québec. La CLASSE souligne aussi que la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ) a aussi des associations étudiantes en grève.
Du côté de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CRÉPUQ), on dit prendre bonne note de l’annonce de dimanche de la ministre, en prenant toutefois soin de rappeler que ses membres estiment déjà gérer correctement leurs finances.
« Les universités reconnaissent la nécessité de rendre compte de leur gestion, ce qu’elles font déjà de nombreuses façons, et elles sont assujetties à plusieurs normes légales et réglementaires à cet effet. Conjointement avec le ministère de l’Éducation, elles sont d’ailleurs à mettre en place des ententes de partenariat en vertu desquelles elles rendront compte de leur performance et de l’utilisation des sommes prévues au Plan de financement des universités, de façon détaillée et à partir d’indicateurs », soutient-on.
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