Une commission pour mieux gérer les sous des universités

Pieuvre.ca

Pour mieux gérer les finances universitaires, créons un système d’évaluation centralisé; voilà la proposition présentée samedi par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) à l’intention du gouvernement libéral, alors que la grève étudiante se poursuit au Québec.

L'Université de Montréal

Selon la FEUQ, il s’agit là de la deuxième proposition faite au gouvernement Charest et à la ministre de l’Éducation Line Beauchamp afin de mettre fin au conflit qui perdure entre les étudiants et l’État sur la question des frais de scolarité pour les études postsecondaires. Estimant que les scandales financiers se sont accumulés dans le domaine universitaire, et que Québec est incapable de « mettre les universités au pas », la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, propose ainsi la création d’une commission indépendante des directions universitaires qui serait plutôt sous la gouverne du ministère de l’Éducation.

« Il faut une commission indépendante qui s’assure du sain développement de notre système universitaire. Et c’est exactement ce que propose la FEUQ aujourd’hui », explique Mme Desjardins.

Présentée sous le nom de Commission d’évaluation des universités du Québec (CÉUQ), celle-ci serait composée d’étudiants, de professeurs, de dirigeants ainsi que de fonctionnaires et aurait pour effet d’alléger le fardeau du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) qui n’aurait plus à gérer les différentes demandes d’enquête ou de révision qui peuvent échoir sur son bureau, explique la FEUQ par voie de communiqué.

« La CÉUQ permettrait d’assurer le suivi de la gestion des universités, prévenir les débordements et traiter les éventuels dérapages en y appliquant des mesures structurantes autrement moins sottes que de simples sanctions monétaires comme le fait le gouvernement Charest présentement », poursuit la fédération étudiante.

La FEUQ affirme d’ailleurs que la création d’une telle commission est d’autant plus nécessaire que la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CRÉPUQ) est « aussi un lobby qui défend les intérêts des dirigeants universitaires et non pas ceux des citoyens ».

« Il est complètement aberrant que ceux qui doivent s’assurer de la gestion des universités soient ceux-là mêmes qui dépensent l’argent des étudiants et des contribuables. Ces deux pouvoirs sont incompatibles », affirme la présidente de la FEUQ.

La CRÉPUQ et la FEUQ sont d’ailleurs à couteaux tirés en ce qui concerne les estimations financières d’un plan de redressement des universités soumis par la fédération étudiante. Alors que les recteurs soutiennent que seule une hausse importante des droits de scolarité peut commencer à régler le problème du manque de financement des universités, la FEUQ estime qu’une meilleure gestion des fonds universitaires représente plutôt la première étape d’une plus grande disponibilité de revenus pour l’enseignement et les services aux étudiants.

Dans la catégorie: Politique et Économie

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