Rebrassage des cartes géopolitiques en Extrême-Orient
Hugo PRÉVOST
Le plus récent lancement d’une fusée nord-coréenne aura peut-être été un échec sur le plan technique, alors que l’engin a été incapable de mettre en orbite le satellite qu’il contenait, mais ce nouveau tir considéré comme une provocation par l’Occident aura relancé les spéculations quant à un hypothétique développement de missiles à grande portée capables de transporter une ogive nucléaire.
Alors que le climat diplomatique semblait se réchauffer entre Pyongyang et les capitales occidentales et asiatiques après l’accession au pouvoir de Kim Jong-un, le fils et successeur de Kim Jong-Il, et l’annonce de la suspension partielle des activités nucléaires en échange d’un accroissement de l’aide alimentaire et pétrolière, la péninsule coréenne et la région avoisinante avait connu un regain de tension, au cours des dernières semaines, à l’approche du lancement de la fusée nord-coréenne.
Dénoncé comme une provocation par les diverses chancelleries, ainsi que par l’ONU, le tir de l’engin sensé atteindre l’espace n’aura finalement duré que quelques minutes avant de prendre fin abruptement avec la désintégration de celui-ci et la chute des débris dans l’océan. Les autorités nord-coréennes ont annoncé qu’elles « feraient enquête sur les causes de l’accident ». Tentative de mise en orbite d’un satellite pour célébrer le 100e anniversaire du fondateur national Kim Il-sung pour les uns, test déguisé d’un missile à longue portée pour les autres, le lancement aura provoqué une réunion du Conseil de sécurité, plus tard vendredi. Les tests de missiles à longue portée sont en effet prohibés par une résolution des Nations unies.
La Chine, le plus proche allié de la Corée du Nord et l’un des membres permanents du Conseil de sécurité, a appelé au calme sur la péninsule, rapporte la BBC. Le dernier régime stalinien de la planète est au coeur d’un imbroglio géopolitique et militaire complexe. Appuyé jusqu’à un certain point par la Chine d’un côté, le régime nord-coréen a multiplié les provocations au cours des dernières années pour tenter d’obtenir des concessions alimentaires, pétrolières et diplomatiques, y compris un véritable traité de non-agression avec les États-Unis, alors que Kim Jong-un effectuait lentement son accession vers le pouvoir suprême.
La mort de son père, en décembre dernier, aura précipité les choses. Le nouveau dirigeant vient d’ailleurs d’être nommé « premier président » du plus important organe décisionnel du pays, la Commission de la défense nationale, ont indiqué les médias étatiques. Son défunt père a lui hérité du titre de « président éternel ».
Toujours selon la BBC, Washington a vertement réagi au lancement de la fusée. « Malgré l’échec de la tentative du lancement du missile, l’action provocatrice de la Corée du Nord menace la sécurité régionale, viole le droit international et contrevient à ses propres engagements », indique un communiqué émis par la Maison-Blanche.
Le dernier test du genre remontait précédemment à 2009. Des analystes américains et sud-coréens avaient alors indiqué que la fusée n’avait pas réussi à atteindre l’orbite, mais la Corée du Nord avait plutôt parlé d’un succès.
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