Touchant Intouchables
Kelly-Anne BONIEUX
C’est le film « événement » en France depuis sa sortie en salle en novembre dernier. Quelques mois plus tard, succès phénoménal, il devient le troisième film le plus vu de la Métropole (suivant de près Titanic puis Bienvenue chez les Ch’tits) et connaît également de bons chiffres ailleurs en Europe, notamment en Allemagne. Traversant maintenant l’Atlantique, Intouchables débarque sur nos écrans dès le 13 avril. Et après visionnement, il est facile de comprendre pourquoi le nouveau film d’Olivier Nakache et Éric Toledano (Nos Jours heureux, Tellement proches) fut si populaire auprès du public. Le film, tant dans son contenu que de sa forme, est facile d’approche, sympathique, touchant, mais ludique. Bref, il a tout pour réussir.
Basé sur un fait vécu, Intouchables raconte l’histoire de Philippe (François Cluzet), un riche tétraplégique, qui souhaite engager un aide-soignant compétent pour l’épauler. Il tombe alors par hasard sur un chômeur de banlieue parisienne, Driss (l’humoriste/acteur Omar Sy), qu’il prendra sur-le-champ malgré les réticences de son entourage. À ses côtés, Philippe réapprend à vivre, à aimer, à apprécier chaque moment. Driss, quant à lui, comprendra enfin le sens des responsabilités et du travail.
Ne vous laissez surtout pas refroidir par ce synopsis qui sent le larmoyant et le cliché à plein nez. En réalité, on se tient ici loin du mélodrame; les réalisateurs préférant en effet l’humour vif et le coquasse afin de servir leur film. Intouchables séduit par son approche narrative anecdotique qui favorisent les scènes de la vie quotidienne plutôt que de pousser vers un enchaînement de moments clés qui font avancer l’histoire proprement dite.
Et puis il y a la présence de ces deux acteurs franchement excellents sans lesquels Intouchables n’aurait certainement pas été aussi réussi. Omar Sy et François Cluzet crèvent l’écran et séduisent par la justesse de leur jeu. Leur chimie indéniable et leurs rires contagieux rendent parfaitement service à la candeur de l’histoire. Le spectateur s’attache à eux, on leur fait confiance, on prend plaisir à partager leur intimité… Les deux comédiens ont d’ailleurs été nominés comme meilleur acteur lors de la dernière cérémonie des Césars – un prix finalement remporté par Omar Sy.
Ce que l’on peut reprocher au film, c’est cette appropriation de quelques gags faciles et déjà-vus se basant sur les différences entre la culture bourgeoise et celle de la rue : Driss qui ne comprend rien à l’opéra, Driss qui commente avec humour les morceaux connus de Bach, Mozart et Vivaldi, ou encore des œufs Fabergé naïvement appelés « Kinder »… Heureusement, ces blagues clichées sont habilement utilisées et font rire malgré tout. Autre bémol, le choix et l’utilisation de certaines pièces musicales qui agacent – des chansons pops anglophones; une coutume malheureusement récurrentes dans les précédents films des deux réalisateurs et qui titillent l’oreille dès leurs premières notes.
Malgré tout ça, Intouchables reste un film sobre et juste, qui séduit par le charme de ses dialogues et de ses personnages. On passe un bon moment en compagnie de Driss et de ce riche Parisien qui n’ont pas grand chose en commun sinon le désir de vivre et d’apprécier le moment présent. Le film, au succès pour ainsi dire « intouchable », a tout ce qu’il faut pour réchauffer les cœurs en ce début de printemps québécois.
Dans la catégorie: Culturel
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