Plus une goutte pour les jeunes conducteurs
Pieuvre.ca
Les conducteurs de moins de 21 ans n’ont désormais plus le droit de lever le coude avant de prendre la route. Une nouvelle disposition de la loi 71 est en effet entrée en vigueur mercredi, signalant le début de l’interdiction complète de boire pour les jeunes conducteurs. L’annonce a été célébrée par l’organisme Éduc’alcool, qui milite en faveur de la responsabilisation des conducteurs.
Cette mesure adoptée par le gouvernement du Québec fait suite à une tentative avortée d’abaisser le taux d’alcoolémie dans le sang acceptée chez les conducteurs à 0,05 milligramme par millilitre de sang, plutôt que 0,08 milligramme. L’annonce de l’abaissement de cette limite avait fait grand bruit à l’époque, particulièrement chez les restaurateurs et les propriétaires de bars, qui craignaient que cette nouvelle limite ne nuise à la vente de boissons alcoolisées, un verre ayant alors pu être suffisant pour atteindre, voir dépasser les nouvelles restrictions.
Pour Éduc’alcool, l’interdiction de boire pour les jeunes conducteurs se justifie à la fois sur les plans statistique et scientifique. De fait, les chiffres sont éloquents, affirme l’organisme : les jeunes de moins de 21 sont largement surreprésentés dans les accidents de la route. Ils comptent ainsi pour plus du quart des accidents alors qu’ils représentent seulement 10 pour cent de l’ensemble des conducteurs. « C’est beaucoup trop », affirme Éduc’alcool.
« Ces accidents ne sont pas explicables seulement par leur manque d’expérience. Ils sont causés également par leurs comportements au volant », a déclaré le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.
« Plus encore, au plan scientifique, de récentes découvertes en neuroscience démontrent que jusqu’à l’âge de 24 ans, la portion du cerveau où sont localisés la capacité de prévoir, d’anticiper et le jugement sont toujours en développement alors que la recherche de sensations fortes est bien présente. Cela contribue aux facteurs de risques », a-t-il poursuivi.
M. Soucy rappelle toutefois que ce ne sont pas tous les jeunes qui sont délinquants, ou que seuls les gens peuvent conduire avec les facultés affaiblies. « Être un jeune en soi est un facteur de risque et c’est indiscutable », maintient-il cependant.
Le directeur général d’Éduc’alcool propose également que les autorités québécoises renforce de beaucoup la fréquence des patrouilles policières, augmentant ainsi d’autant les risques de se faire prendre à conduire en état d’ébriété. « C’est le premier déterminant des changements de comportement chez les conducteurs et il constitue la condition essentielle à l’amélioration de notre bilan routier. »
« Il est enfin essentiel de poursuivre inlassablement le travail d’éducation et de sensibilisation », a-t-il conclu en rendant publique la toute récente édition du guide Boire. Conduire. Choisir. que diffuse Éduc’alcool dans toutes les écoles de conduite du Québec.
Dans la catégorie: Société
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