Apple et cinq éditeurs poursuivis pour collusion
Pieuvre.ca
Rien ne va plus pour Apple et cinq des plus importantes maisons d’édition américaines; le département américain de la Justice a en effet intenté officiellement mercredi une poursuite contre les six entreprises en lien avec des accusations de collusion en vue de déterminer les prix des livres électroniques. L’affaire pourrait avoir des répercussions importantes dans un marché fortement segmenté en fonction des appareils utilisés pour lire les ouvrages numériques.
Selon plusieurs médias, y compris le Wall Street Journal, les autorités de la concurrence estiment ainsi que les ententes commerciales entre la firme de Cupertino, Simon & Schuster (CBS), Hachette Book Group (propriété du groupe français Lagardère), Penguin Group, Macmillan et HarperCollins, filiale de News Corporation, ont agi dans l’illégalité.
Le Washington Post rapporte qu’Appel et Macmillan, qui ont refusé d’entamer des négociations juridiques avec le département de la Justice, nient être coupables de collusion pour faire augmenter le prix des livres numériques. Au dire de gens au fait du dossier, les deux compagnies affirmeront que les ententes entre Apple et les éditeurs n’ont fait qu’améliorer le climat de compétition au sein du marché, qui était auparavant dominé par le géant de l’achat en ligne Amazon, principalement en raison de sa liseuse numérique Kindle.
Celle-ci a longtemps eu le champ libre en matière de lecture numérique. Du moins, jusqu’à ce que l’iPad inonde le marché, créant pratiquement sa propre catégorie de tablettes numériques, pour en occuper aujourd’hui plus de 75 pour cent.
Le département de la Justice enquêtait déjà, le mois dernier, sur la façon dont Apple facturait la diffusion de livres numériques sur l’iPad. Selon d’autres sources, Simon & Schuster, Hachette et HarperCollins désireraient principalement éviter une coûteuse bataille devant les tribunaux et pourraient signer une entente hors cours dès mercredi. Le Penguin Group, de son côté, se préparerait à se battre contre l’administration américaine.
Des personnes au fait de l’affaire ont expliqué que le gouvernement voudrait conclure une entente qui permettrait à Amazon et aux autres vendeurs de revenir à un modèle de vente en gros, où les détaillants décident du prix qu’ils facturent aux lecteurs. Une telle entente pourrait également annuler la « clause de la nation la plus favorisée » présente dans les contrats offerts par Apple qui oblige les éditeurs à offrir au fabricant de l’iPad les plus bas prix parmi tous les compétiteurs.
Alors qu’Amazon fixait lui-même le prix des « e-livres », vendus pour la plupart à 9,99 dollars, Apple avait institué un nouveau système, laissant les éditeurs fixer le prix et se réservant 30 pour cent des recettes, rapporte LePoint.fr. En conséquence, le prix des livres numériques a augmenté. Amazon avait ensuite été contraint de réviser ses relations avec les éditeurs.
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