La génétique jouerait un plus grand rôle que prévu chez les enfants obèses

Pieuvre.ca

Des chercheurs en génétique ont identifié au moins deux nouvelles variantes de gènes qui augmentent le risque d’obésité juvénile. Cette percée scientifique pourrait permettre de mieux comprendre l’un des maux en plus forte croissance au sein de la société occidentale, et dont les effets se font particulièrement sentir aux États-Unis et au Canada.

Au dire de Struan F. A. Grant, directeur associé du Centre de génomique appliquée de l’Hôpital Children’s de Philadelphie, il s’agit de la plus importante étude génomique sur l’obésité juvénile commune, en opposition avec d’autres études qui se sont concentrées sur des formes plus extrêmes de l’obésité principalement liées à des syndromes de maladies rares. Selon le Dr Grant, il a ainsi été possible d’identifier et de caractériser avec certitude une prédisposition génétique envers l’obésité juvénile commune.

Les résultats de l’étude, menée par un groupe de chercheurs de partout sur la planète, ont été publiés dimanche dans Nature Genetics.

En tant que l’un des plus importants problèmes de santé publique, l’obésité a reçu une proportion de plus en plus importante d’attention du public, particulièrement en raison d’une hausse du taux d’enfants obèses. Les travaux scientifiques indiquent que les adolescents obèses tendent à posséder un risque de mortalité plus élevé que celui des adultes. Bien que des facteurs environnementaux comme l’alimentation et des habitudes sédentaires contribuent à l’accroissement des taux d’obésité juvénile, des études jumelles et d’autres preuves basées sur la génétique familiale laissent croire qu’une composante génétique est également à l’oeuvre pour favoriser l’éclosion de la maladie.

De précédentes études ont identifié des variations génétiques contribuant à l’obésité chez les adultes et chez les enfants souffrant d’obésité morbide, mais peu de choses sont connues à propos des gènes impliqués dans le cadre de l’obésité commune.

La méta-analyse effectuée avec l’aide des Instituts nationaux de la santé des États-Unis a permis d’examiner 14 études précédentes représentant 5530 cas d’obésité juvénile et 8300 sujets de contrôle, tous de descendance européenne. L’équipe d’étude a identifié deux nouvelles variations génétiques, l’une près du gène OLFM4 du chromosome 13, l’autre au sein du gène HOXB5 du chromosome 17. Les chercheurs ont également découvert certaines preuves de l’influence de deux autres variations génétiques. Aucun de ces gènes n’étaient auparavant impliqués dans le développement de l’obésité.

« Nous savons que trois des gènes pointent à un rôle dans l’intestin, bien que leurs rôles spécifiques dans le contexte de l’obésité sont actuellement inconnus », précise le Dr Grant.

« Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, ces découvertes pourront nous permettre, un jour, de développer des techniques de lutte contre l’obésité en fonction du génome des enfants atteints. »

Dans la catégorie: Science et Technologie

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