Registre des armes à feu : une victoire des lobbyistes, estiment les TCA

Pieuvre.ca

Alors que les troupes conservatrices sont en liesse à l’annonce de la disparition du registre d’armes d’épaule, l’heure est plutôt à la consternation chez les défenseurs du registre et les tenants du contrôle des armes à feu. Selon le Syndicat des travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), la mort du registre représente une victoire pour les lobbyistes et une perte pour les canadiens. Le président des TCA, Ken Lewenza, a d’ailleurs effectué une sortie jeudi matin pour dénoncer ce nouveau coup de force du gouvernement Harper.

Une victoire pour l’industrie des armes à feu; voilà ce que représente, pour M. Lewenza, le vote final qui aura lieu jeudi sur la fin du registre et la destruction des données qu’il contient. Selon ce que les TCA expliquent en détail, en fait, le projet de loi C-19 a pour but le démantèlement complet du registre des armes d’épaule, l’affaiblissement des exigences relatives à la supervision des achats d’armes à feu et la destruction des données accumulées depuis des années et utilisées pour retracer les propriétaires d’armes à feu.

« Aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les victimes d’actes de violence commis avec des armes à feu et aux familles de ces victimes d’hier et d’aujourd’hui, et de hocher la tête face aux motivations du gouvernement Harper », a déclaré M. Lewenza.

« Ce registre était un outil important qui servait à empêcher des armes dangereuses de tomber dans de mauvaises mains. Le gouvernement Harper met de l’avant un programme de responsabilisation zéro en matière de possession d’armes à feu. Cette situation est honteuse et inacceptable. »

Le lobby canadien des armes à feu a clairement précisé, mentionnent les TCA par voie de communiqué, que le démantèlement du registre des armes d’épaule n’est qu’une première étape dans l’affaiblissement du programme national de contrôle des armes à feu. Des membres du Comité consultatif canadien sur les armes à feu mis sur pied par le ministre de la Sécurité publique ont appelé à un assouplissement des exigences de permis; entre autres, un membre qui témoignait aux audiences du Sénat a déclaré qu’il y avait lieu d’éliminer l’avis donné au conjoint, ainsi que les questions servant à dépister les problèmes de santé mentale, précise-t-on.

M. Lewenza a déclaré qu’il est honteux que le Comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles ait choisi de n’inviter ni des spécialistes de la sécurité des femmes, ni des organisations de première ligne de défense des femmes à participer, à titre de témoins, au processus d’examen du projet de loi C-19 – en dépit du fait que de nombreux organismes avaient demandé à prendre la parole et qu’il est bien connu que ce problème a une incidence disproportionnée sur la sécurité des femmes.

Rappelons que le gouvernement du Québec, qui appuie vigoureusement le maintien du registre des armes d’épaule, a déposé une demande d’injonction à la Cour supérieure afin d’empêcher le gouvernement fédéral d’effacer les données existantes du registre. L’audience relative à cette injonction ait lieu après que le projet de loi C-19 aura reçu la sanction royale, prévue pour cette semaine. Le ministre québécois de la Justice, Jean-Marc Fournier, a fait du maintien du registre et de la conservation de la partie québécoise des données l’un de ses chevaux de bataille, même si tous ses efforts en ce sens n’ont pour l’instant donné aucun résultat.

 

Dans la catégorie: Politique et Économie

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