Le FRAPRU se rend à Ottawa pour défendre les logements sociaux
Pieuvre.ca
Quelques dizaines de membres du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) se sont déplacés dans la capitale nationale, mardi, pour défendre l’existence des quelques 600 000 logements sociaux existants au pays. Après avoir occupé le bureau national de la Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL), les protestataires ont également rendu visite au bureau de la ministre responsable du dossier des logements sociaux, Diane Finley.
En début de journée, le FRAPRU exigeait ainsi une rencontre d’urgence avec la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences pour exiger de Mme Finley des engagements clairs quant à la poursuite des subventions fédérales aux 600 000 logements sociaux présentement financés par le gouvernement fédéral, dont 127 000 au Québec et 227 700 en Ontario.
Au dire du FRAPRU, la presque totalité des logements sociaux construits avant 1994 l’ont été par le biais d’ententes financières à long terme avec le gouvernement fédéral. En vertu de ces ententes, Ottawa accorde, depuis des décennies, des subventions à des HLM, à des coopératives d’habitation et à des ensembles de logements sans but lucratif, soit directement, soit par le biais d’accords avec les provinces et les territoires du Canada. Ce sont ces subventions qui assurent que les locataires à faible revenu qui y habitent puissent le faire à un loyer respectant leur capacité de payer, indique l’organisme par voie de communiqué.
« Or, ces ententes ont commencé à se terminer, de sorte que les logements touchés ne reçoivent plus un sou du gouvernement fédéral. Dans les coopératives d’habitation et les logements sans but lucratif financés directement par Ottawa, les locataires se retrouvent du jour au lendemain avec des loyers deux ou trois fois plus élevés que ce qu’ils paient présentement. Quant aux provinces qui reçoivent des subventions fédérales, elles se voient privées de sommes importantes qui pourraient les convaincre d’augmenter les loyers de leurs locataires et-ou de privatiser une partie des logements », poursuit le FRAPRU.
Pour le moment, précise l’organisme, seule une petite partie des logements sociaux du Canada ont été touchés, le nombre de logements sociaux financés par le fédéral étant passé de 630 000 en 2006 à 603 600 en 2011. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) prévoit que ce nombre passera à 594 600 à la fin de 2012. Le Budget principal des dépenses présenté au début mars par le Conseil du trésor calcule que la fin des subventions pour les 9000 logements concernés entraînera à elle seule des économies de 21,7 millions $ en 2012-2013. Or, ce phénomène s’accélérera au cours des prochaines années, fait-on savoir, entraînant des économies de plus en plus considérables pour le gouvernement fédéral. Selon la SCHL, le nombre de logements subventionnés chutera à 540 800 d’ici 2015 pour se retrouver à 0, au tournant des années 2030. À terme, Ottawa sauvera 1,6 milliard $ par année « sur le dos des logements sociaux et de leurs locataires ».
Après avoir occupé durant 2h30 le bureau de la SCHL à Ottawa, les quelque 45 militants du FRAPRU, n’obtenant pas de réponse des responsables, ont décidé de se rendre directement au bureau de la ministre Finley, à Gatineau, où ils ont bloqué l’accès pendant environ 30 minutes en scandant des slogans. Le groupe a finalement quitté les lieux après la lecture d’un avis d’expulsion.
L’organisme a fait savoir que d’autres actions étaient à prévoir dans le cadre de la campagne Défendons nos logements sociaux.
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