La protection des Blu-ray sera-t-elle annulée en France ?
Pieuvre.ca
Le droit français en matière de technologie et d’usage des différents formats médiatiques, pourtant régulièrement cloué au pilori en raison de la loi Hadopi, qui gère entre autres le partage de fichiers sur le web par les internautes de l’Hexagone, pourrait offrir une opportunité aux cinéphiles désireux de visionner des films en format Blu-ray sur leurs ordinateurs. Et ce, au grand dam de Sony.
La multinationale japonaise, à la tête d’un empire du divertissement regroupant toutes les plateformes électroniques – des télévisions aux baladeurs MP3, en passant par les consoles de jeux vidéo et les appareils photo – est en effet propriétaire du format Blu-ray, qui a remporté, il y a quelques années, une longue guerre d’usure des formats de films en haute définition contre le format HD-DVD.
Forte de ses droits sur le format, donc, et sur les mécanismes de protection qui l’entourent, elle n’est ainsi aucunement disposée à révéler les détails de ceux-ci à une entreprise tierce, et encore moins à un groupe qui permettrait la lecture de ce type de fichiers sur des machines autres que des lecteurs Blu-ray.
C’est pourtant ce à quoi le groupe VideoLAN veut contraindre Sony, en faisant appel à la loi Hadopi, qui comporte une clause sur l’interopérabilité, soit la capacité de visionner un contenu acheté sur plusieurs appareils appartenant à un seul individu.
Comme le rapporte le quotidien français Le Monde, VideoLAN, qui édite le lecteur multimédia libre mondialement connu VLC, vient ainsi de transmettre une saisine pour avis à la Hadopi. Les développeurs de VLC buttent en effet sur un problème : leur logiciel ne peut, en l’état, lire les disques Blu-Ray, protégés par une technologie anti-copie développée par Sony, qui a pour effet d’empêcher la lecture des disques sur un PC.
Au dire de VideoLAN, il est possible d’implémenter le même niveau de protection lors de la lecture du format Blu-ray à l’aide du logiciel VLC que lors de l’utilisation d’un disque Bu-ray conventionnel. « Le logiciel respecte donc scrupuleusement la volonté des ayants droits », explique l’association dans sa saisine, que le Monde.fr a pu consulter.
Le journal français rappelle que l’interopérabilité avait fait l’objet de longs débats en 2006, lors du vote de la loi DADVSI, qui transposait dans le droit français une directive européenne sur le droit d’auteur.
Le texte final renforçait le statut juridique des mesures techniques de protection, mais le Conseil d’État avait, par la suite, réaffirmé le droit à l’interopérabilité, après une requête de l’association de promotion du logiciel libre April.
Si les débats autour des mesures techniques de protection ont connu un vif regain d’intensité avec l’arrivée de nouveaux formats de disques vidéo, dont le Blu-Ray, le débat s’est quasiment éteint de lui-même en ce qui concerne les fichiers musicaux, conclut Le Monde.
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