Plus de 50 milliards $ nécessaires pour le transport en commun

Hugo PRÉVOST

Plus de 53 milliards $; si le montant impressionne, il ne s’agit pourtant là que des sommes nécessaires pour financer l’ensemble des plans de transport collectif du pays pour la période 2012 à 2016, y compris l’ensemble des projets de construction et de développement. Ce résultat a été obtenu dans le cadre d’un sondage réalisé par l’Association canadienne du transport urbain (ACTU), qui précise que de ces 53,5 milliards $, 40 seront fournis par les divers paliers de gouvernement. Restera, alors, 13,5 milliards $ à trouver, une tâche qui pourrait s’avérer herculéenne.

Le métro de Montréal

Le coup de sonde, réalisé auprès de tous les réseaux membres de l’ACTU en leur demandant d’exposer en détail leurs besoins en capital pour les cinq prochaines années en ce qui a trait aux infrastructures, a permis de recevoir des informations de 67 d’entre eux. Ceux-ci réalisent 98 pour cent de l’ensemble des activités de transport en commun au Canada, selon les coûts d’exploitation annuels.

Les réseaux de transport étaient ainsi invités à classer leurs besoins en quatre catégories, soit les plans actuels en vue de la remise en état et du remplacement, la remise en état et le remplacement nécessitant du nouveau financement externe, l’expansion prévue pour la croissance de l’achalandage, en plus de l’expansion pour la croissance de l’achalandage nécessitant du nouveau financement externe.

De la somme de 53,5 milliards $ nécessaires, indique le document d’interprétation du sondage, 27 pour cent doit servir à la remise en état ou au renouvellement des infrastructures, tandis que les 73 pour cent restants doivent être consacrés à l’expansion des services.

« Au cours de la dernière décennie, le gouvernement fédéral a accordé une grande priorité à l’amélioration des infrastructures et des services de transport collectif. L’investissement a augmenté de façon substantielle et se chiffre maintenant, en moyenne, à un milliard de dollars par année, affirme Michael Roschlau, président-directeur général de l’ACTU. Bien que ces faits soient louables, nous savons qu’il faut plus d’investissement pour préserver et entretenir les infrastructures actuelles et pour servir un nombre croissant de passagers. »

À la lecture du rapport de l’ACTU, il est clair que le transport en commun semble de plus en plus représenter une solution alléchante pour les gouvernements aux prises avec des problèmes de plus en plus importants en matière de congestion automobile et d’étalement urbain. Si la construction d’autoroutes et de voies rapides va certainement se poursuivre dans certaines régions du pays, la concentration des emplois dans le centre des principales villes canadiennes continue de poser le problème du trafic routier, d’où ce regain d’intérêt pour le transport collectif.

Si les projets de transport en commun sont légion dans diverses métropoles canadiennes, y compris au Québec, le financement de ces initiatives est toujours aussi imprécis, particulièrement en des temps d’austérité gouvernementale.

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