Les lockoutés d’Alma reçoivent l’appui des étudiants en grève

Hugo PRÉVOST

C’était jour de manifestation à Alma, samedi, au Lac Saint-Jean, pour exiger la fin du lockout qui prévaut depuis déjà plusieurs semaines à l’aluminerie de Rio Tinto Alcan, et la préservation des emplois. Au dire du Syndicat des métallos (associé à la FTQ), plusieurs milliers de personnes sont ainsi descendues dans la rue pour appuyer les employés de l’entreprise. Les lockoutés ont d’ailleurs reçu l’appui des membres de la Coalition large de l’ASSÉ (CLASSE), qui se bat actuellement contre la hausse des frais de scolarité dans les universités de la province.

L'aluminerie d'Alma

Trois mois et un jour après le lockout sauvage de la multinationale, largement subventionnée par les fonds publics, des citoyens de la région, des familles, des étudiants, des travailleurs, des syndicalistes de partout sur la planète ont les yeux rivés sur RTA, affirment les Métallos par voie de communiqué. Pour sa part, le président de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), Jyrki Raina, juge juge nécessaire le mouvement de résistance devant cette compagnie globale.

« Les compagnies comme Rio Tinto doivent se rappeler qu’elles font du profit grâce aux communautés dans lesquelles elles évoluent. Elles doivent respecter leurs travailleurs actuels et futurs et cesser de compresser froidement les dépenses de main-d’œuvre, sans égard pour l’économie locale. Si Rio Tinto veut prospérer, elle ne peut briser cet équilibre, rompre le lien qui l’unit à la communauté. C’est vrai au Québec comme en Afrique, en Europe ou en Australie», fait valoir le syndicaliste.

Le lockout de Rio Tinto Alcan est d’autant plus odieux, avance le syndicat par voie de communiqué, qu’il est financé par les fonds publics en raison de l’entente secrète entre le gouvernement, Hydro-Québec et RTA. « En plus des prêts sans intérêt sur 30 ans, des subventions, de l’électricité presque gratuite, le gouvernement verse à la compagnie 15 millions par mois pour acheter ses surplus d’électricité dont les Québécois n’ont même pas besoin. On rit du monde! Le premier ministre nous dit qu’il a lâché un coup de fil à la chef de direction de Rio Tinto Alcan, c’est bien. Mais il devait y avoir de la friture sur la ligne entre Québec et Londres, le message ne s’est pas rendu. Les Québécois méritent davantage de respect d’une multinationale qui fait son argent avec notre électricité », lance le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy.

Réunies en congrès au Collège d’Alma, des centaines de membres de la CLASSE sont pour leur part descendus manifester avec les employés et leurs proches. « Le gouvernement qui refuse d’intervenir dans le dossier Rio-Tinto-Alcan et qui prend éhontément parti en faveur du camp patronal est le même gouvernement qui prétend, dans le dossier des frais de scolarité, défendre les intérêts de la majorité de la population », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE, dénonçant une attitude hypocrite de la part des libéraux.

Les 780 travailleurs de l’aluminerie RTA d’Alma ont été jetés à la rue dans la nuit du 30 décembre, 24 heures avant l’obtention du droit de lockout par la compagnie. Le conflit porte sur le remplacement des travailleurs réguliers par des sous-traitants, rémunérés à la moitié du salaire.

Dans la catégorie: Politique et Économie

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