Radio-Canada passe sous le rouleau compresseur conservateur
Hugo PRÉVOST
Les campagnes de sensibilisation, pétitions et manifestes n’auront finalement servi strictement à rien : le diffuseur d’État a écopé jeudi, dans le cadre de la présentation du budget fédéral pour l’exercice 2012-2013, de compressions budgétaires de 10 pour cent. Radio-Canada devra donc retrancher environ 295 millions $ sur trois ans, a indiqué l’Observatoire du journalisme, ProjetJ, dans un message publié sur le site de microclavardage Twitter.
Sous le feu des critiques conservateurs, mais également des détracteurs d’autres réseaux depuis plusieurs années à propos de la question de son financement, ou encore du traitement des demandes d’accès à l’information reçues souvent en grandes quantités de la part de ses concurrents, Radio-Canada devra ainsi compenser avec des réductions de dépenses beaucoup plus élevées que la moyenne de 6,9 pour cent pour toutes les autres dépenses du gouvernement fédéral.
Dans un bref communiqué publié quelques minutes après l’annonce, la SRC a dit qu’elle entamerait un exercice de réflexion sur sa capacité à s’adapter à ces compressions dans le but de respecter sa « stratégie pour l’avenir » 2015 : Partout, Pour tous. « Les mesures que CBC/Radio-Canada entend prendre au cours des trois prochaines années seront décrites plus en détail à nos employés et aux Canadiens que nous servons, et ce, dès que possible », a ajouté la société d’État.
Les messages exprimant la déception et la frustration étaient nombreux sur le site de microclavardage Twitter. L’équipe de l’émission Infoman, une satire hebdomadaire justement diffusée sur les ondes de Radio-Canada, en a profité pour modifier les affiches de diverses émission de la SRC afin de les « adapter » à la nouvelle réalité financière du diffuseur en changeant les titres et les images de fonds. Tout le monde en parle, le talk-show du dimanche soir, est ainsi transformé en Tout le monde en mime, tandis qu’Enquête devient Quêteux, pour ne nommer que ces exemples.
Sur une note moins joyeuse, la Guilde canadienne des médias a elle aussi réagi aux compressions imposées à Radio-Canada, cette fois par courriel envoyé à ses membres. « C’est une journée bien triste. Nous ne connaissons pas encore l’impact du budget sur les services et employés de Radio-Canada/CBC parce que la direction n’a pas le droit de s’exprimer, a expliqué Marc-Philippe Laurin, président de la sous-section Radio-Canada de la Guilde. Mais il s’agit d’une réduction majeure qui aura sans doute un effet dévastateur sur les services de la Société d’ici l’année 2015. »
Selon la Guilde, le financement accordé à Radio-Canada est en baisse par rapport à l’inflation depuis une décennie. Au cours de cette période, l’industrie des médias a connu des changements technologiques majeurs; Radio-Canada s’est est adaptée en lançant de nouveaux services qui n’étaient pas prévus au moment de l’établissement du mandat de la Société, précise le regroupement syndical.
« Les Canadiens comprennent mieux que le gouvernement l’importance des médias publics pour notre avenir économique et culturel, affirme Carmel Smyth, présidente nationale de la GCM. Nous sommes encouragés par le fait que des milliers de Canadiens ont participé au projet visant à Réinventer Radio-Canada. Après le budget et ses retombées, nous travaillerons de concert avec les Canadiens afin de rebâtir le mandat de Radio-Canada et la relation de celle-ci avec le Parlement. »
La Guilde rencontrera la direction de Radio-Canada la semaine prochaine et participera à chaque étape du processus difficile de réduction d’effectifs qui risque de suivre, a fait savoir l’organisme par courriel.
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Le budget fédéral du parti conservateur est le plus bel exemple de naissance de totalitarisme. En coupant dans la Société d’État Radio-Canada, le gouvernement Harper prend peu à peu mainmise sur le » ce qui doit être dit ou non » .
Oui il y a des coupures à faire à l’interne. Des méga-contrats à la Guy A. Lepage ne doivent plus faire parti de la télévision d’état. N’oublions pas que les coûts pour les services de langue française de la SRC ont été divulgués, ce qui n’a pas été le cas pour les coûts totaux pour le fonctionnement de la radio et de la télévision de langue anglaise.
Hors comment cela a-t-il pu être accepté par l’État ( de majorité anglophone ) ? La réponse est dans la question.