Lisa LeBlanc, ou se créer cowgirl

Camille ROBIDOUX

Lisa LeBlanc, auteur-compositrice-interprète country-folk de garage, lançait son premier album mercredi soir au Lion d’Or. Vêtue de sa plus belle robe à franges et de ses bottes de cowboy, elle a offert une prestation on ne peut plus festive et sincère sur une scène où tout avait été mis en place pour nous plonger dans une atmosphère de far west. Lassos, selles de cheval, chapeaux de cowboy ornaient la salle généreusement. « Ça, c’est de la mise en scène. Y’en a qui payent cher pour ça. », a-t-elle clamé à la suite des coups de fusils annonçant le début du spectacle, attestant par le fait même sa capacité d’autodérision.

L’artiste, originaire d’un petit patelin du Nouveau-Brunswick, ne manquait assurément pas d’aisance sur scène. L’énergie de sa performance et ses anecdotes toujours à propos l’ont rendue absolument attachante, et l’enthousiasme de la foule était palpable tout au long du spectacle. Les musiciens à ces côtés – Louis-Jean Cormier, Maxime Gosselin et  Jean-Philippe Hébert – étaient d’ailleurs tout aussi solides. La prestation a commencé en force avec J’pas un cowboy, et a su bien alterner les ballades et les pièces plus rock.

Le point culminant fût sans contredit atteint durant Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde, où Lisa LeBlanc a chanté accompagnée de son banjo, de sa « chorale du bonheur » et de l’ensemble des spectateurs. Bref, un lancement comme ça, ça ne court pas les rues, de Rosaireville –le village natal de Lisa LeBlanc – à Montréal.
Mais au fait, que nous raconte-t-elle, cette cowgirl ? Les motels cheaps, le Kraft Dinner, le bonheur en plastique, le vin d’épicerie et les cœurs tordus : en d’autres mots, le banal enjolivé, le morne primesautier. Et le tout, dans une langue charmante et authentique.  Tantôt fleur bleue, tantôt désabusée, sa plume est tout à la fois kitsch, touchante, drôle et franche. Une de ses forces est de se permettre d’écrire une chanson d’amour, tout en en soulignant le côté « fi-fille ». Ou encore d’osciller entre l’abattement le plus profond – « J’ai pas de chien, j’ai pas de chat, j’ai pas de char, j’ai pas de chum » – et la légèreté.

On peut sans contredit affirmer que Lisa LeBlanc s’est réapproprié l’univers de country acadien dans lequel elle a grandi, car si sa musique a une sonorité country affirmée, elle se distingue par son caractère humoristique tout aussi affirmé. Bref, ce premier album réalisé par Louis-Jean Cormier (Karkwa) est  un incontournable  pour (ré)accueillir la douce saison. Il est possible de se le procurer en magasin, sur le site de Lisa LeBlanc et sur Itunes depuis mardi dernier.

Dans la catégorie: Culturel

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Commentaires (1)

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  1. Patrick Robert dit :

    Lisa Leblanc sonne définitivement comme la version féminine de Bernard Adamus… Dans une mer de produits musicaux pré-fabriqués et pré-mâchés, cet bouffée de fraîcheur illumine nos tympans. Bravo Lisa! Tu nous fait du bien!

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