Des chercheurs tentent de démêler les liens entre les aliments frais et les empoisonnements alimentaires

Pieuvre.ca

Plus un fruit serait mûr, et plus les bactéries causant les empoisonnements alimentaires s’y développeraient de façon différente, estiment des chercheurs qui présentaient récemment leurs travaux dans le cadre de la conférence printanière de la Society for General Microbiology à Dublin, en Irlande. Leurs conclusions pourraient permettre de mettre au point de nouvelles stratégies pour améliorer la sécurité alimentaire, et donc d’obtenir plusieurs avantages médicaux et économiques.

De nombreux aliments frais ont été reliés à des éclosions des bactéries E. coli et de la salmonelle, y compris les melons, les piments jalapeno et serrano, le basilic, la laitue, le raifort et les tomates. Des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont ainsi examiné la façon dont les bactéries dangereuses se développent à la surface des fruits et légumes, et la façon dont ils y apparaissent au départ.

Lors de leurs recherches, ils ont découvert que les souches de salmonelle se comportent différemment lorsqu’elles apparaissent sur des tomates mûres et des tomates encore vertes. « Les bactéries qui s’attachent à des tomates mûres développent un réseau étendu de filaments qui ne sont pas visibles autrement. Cela pourrait avoir une incidence sur la façon dont elles demeurent en surface de ces fruits », a expliqué le professeur Gad Frankel, qui mène les recherches.

« Nous ne savons pas encore pourquoi cela se produit : cela pourrait être dû aux propriétés de la tomate ou, alternativement, le résultat de l’expression des hormones de mûrissement. »

Il s’agit là d’un des nombreux exemples des interactions complexes entre les microbes causant l’empoisonnement alimentaire et la fraîcheur des produits qu’ils contaminent, le tout venant déterminer la manière dont les bactéries dangereuses s’introduisent dans la chaîne alimentaire. « À l’exception de la salmonelle, les variétés d’E. coli sont également particulièrement futées dans la façon dont elles interagissent avec la surface des plantes. Elles possèdent des filaments semblables à des cheveux qu’elles peuvent utiliser comme crochets pour se maintenir en place sur des surfaces comme des feuilles de laitues. »

Biene que les fruits frais et les légumes soient reconnus comme des véhicules importants qui transportent des bactéries nocives, ceux-ci sont également des ingrédient importants d’une alimentation saine. « Dans la très grande majorité des cas, il est sécuritaire de manger des fruits et des légumes frais, d’autant plus qu’ils offrent de nombreux avantages pour la santé. En déterminant les raisons expliquant les éclosions sporadiques de maladies et d’infections, nous pouvons mieux contrôler celles-ci et aider à maintenir la confiance des consommateurs. En améliorant la sécurité alimentaire, nous serons également en mesure de constater d’importants avantages économiques et médicaux. »

Mieux comprendre comment les bactéries interagissent avec les aliments frais est crucial, mais il ne s’agit que de la première étape, explique le professeur Frankel. « Transposer la recherche en de nouvelles politiques ou méthodes pour la décontamination est le défi des prochaines recherches », a-t-il dit.

Dans la catégorie: Science et Technologie

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