La propagation de la vie dans l’univers est soudainement moins probable

Hugo PRÉVOST

Les probabilités de l’existence d’une vie extraterrestre dans un système solaire non loin de la Terre s’amenuisent; si les chercheurs estiment toujours que des conditions propices à la vie puissent exister sur la « super Terre » du système solaire Gliese 581, il serait désormais peu probable que ces conditions existent sur d’autres planètes de ce système situé à une vingtaine d’années-lumière de notre planète.

Le système solaire Gliese 581 fait l’objet d’une attention soutenue de la communauté scientifique depuis la découverte, en 2007, d’une première exoplanète semblable à la Terre, Gliese 581 c. Celle-ci, possédant une masse cinq fois supérieure à celle de notre planète, se trouve à une distance 14 fois moindre de son étoile que celle entre la Terre et le Soleil. Puisque l’étoile Gliese 581 est une naine rouge trois fois moins massive que la nôtre, cependant, les astronomes ont brièvement pensé qu’elle pouvait abriter la vie, puisqu’elle se trouve dans la zone habitable de son étoile, sois la distance orbitale où la température et d’autres conditions pourraient permettre l’éclosion de la vie.

Les forces gravitationnelles de son étoile l’ont toutefois éliminée d’office comme candidate à une vie extraterrestre, puisque son soleil a carrément stoppé la rotation de la planète sur elle-même, exposant constamment une seule face au rayonnement et à la chaleur de l’étoile, ce qui a poussé les scientifiques à estimer que d’éventuels atmosphère et océans se sont retrouvé du côté sombre, empêchant toute éclosion de vie.

C’est désormais Gliese 581 d qui retient l’attention, puisque cette autre exoplanète, elle aussi plus lourde que la Terre (avec une masse sept fois supérieure), se trouve également dans la zone habitable.

Aux yeux de Jay Melosh, professeur de sciences planétaires et atmosphériques, la probabilité de la diffusion de la vie dans l’univers demeure l’une des plus grandes questions scientifiques. « Au départ, nous croyions que cette interrogation ne s’appliquait qu’à la Terre, mais nous savons désormais que beaucoup d’échanges de matériau et de matériel ont eu lieu dans notre système solaire, et il est très possible que la vie soit apparue sur Mars pour se transporter sur Terre. Il y a également beaucoup d’interrogations sur la diffusion de la vie dans l’univers, d’étoile en étoile. »

Des roches lunaires et martiennes ont ainsi été découvertes sur Terre, ce qui a mené M. Melosh a suggérer, par le passé, que des microbes vivants auraient pu être échangés entre des planètes de la même manière.

Une équipe de recherche de l’Université Purdue a cependant découvert que, contrairement à notre système solaire, l’échange de microbes entre cette fameuse « super Terre » de Gliese 581 et les autres planètes de ce système solaire n’a probablement pas eu lieu.

Laci Brock, un étudiant en sciences planétaires, a à ce propos émis l’hypothèse selon laquelle la vitesse initiale des matériaux quittant Gliese 581 d n’était pas suffisante pour rejoindre les autres planètes du système solaire, qui, situées très près de leur étoile, possèdent toutes des vitesses orbitales très élevées. À titre d’exemple, la période de révolution de Gliese 581 d, la plus importante parmi les exoplanètes découvertes, n’est que d’environ 66 jours, soit 300 jours de moins que la Terre.

Pour le professeur Melosh, un système solaire plus étendu serait nécessaire pour l’échange de matériaux entre les planètes.

« Aucun système solaire découvert jusqu’à maintenant n’aurait la capacité de diffuser des organismes vivants au sein des différentes planètes comme ce qu’offre notre propre système solaire », explique-t-il.

Les conclusions détaillées de ces travaux ont été présentées lors de la 43e édition de la Lunar and Planetary Science Conference à The Woodlands, au Texas.

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